Une collaboration entre les services de police du nord et du sud du Québec pour mieux soutenir les Inuit

Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) seront de passage à Kuujjuaq, dans le Nord québécois, au mois de janvier, pour y rencontrer des représentants du Corps de police régional Kativik (CPRK). (Courtoisie de Michel Martin)
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et le Corps de police régional Kativik (CPRK), dans le Nord québécois, souhaitent mieux outiller les policiers du sud de la province aux réalités des Inuit.

Du 13 au 18 janvier, deux agent du SPVM seront de passage à Kuujjuaq et à Puvirnituq, au Nunavik, pour rencontrer des représentants du CPRK. Leur objectif : échanger sur leurs pratiques respectives pour mieux soutenir les populations inuit de Montréal et du Nunavik.

« Ça va donner un meilleur portrait du fonctionnement dans le Nord et des ressources offertes [dans le Sud] », mentionne l’agent de liaison autochtone du SPVM, Carlo DeAngelis, qui effectuera le déplacement avec l’agente en relation avec la communauté, Patricia Drouin, spécialisée en itinérance.

Selon Statistique Canada, plus du quart des Inuit au pays vivaient en dehors de l’une des quatre régions inuit de l’Arctique canadien en 2016. Avec ses quelque 975 Inuit, Montréal arrive d’ailleurs en troisième position des villes du sud du pays où se trouve la plus grande proportion d’Inuit.

Le square Cabot, à Montréal, est devenu un lieu de rassemblement pour des dizaines d’itinérants inuit de la métropole. (Benjamin Shingler/CBC)

S’ils sont de plus en plus nombreux en milieu urbain depuis quelques années, les Inuit sont aussi surreprésentés au sein du système correctionnel et parmi les personnes en situation d’itinérance.

« Arrêtons de les emprisonner et essayons plutôt de régler le problème à la base, martèle le conseiller pour la CPRK et ancien chef de la police régionale, Michel Martin. Il y a des alternatives pour les Autochtones à l’emprisonnement. »

Des liens de confiances érodés

Selon Carlo DeAngelis, la visite nordique sera avant tout l’occasion de tisser un lien de confiance entre les policiers et les Inuit. « Avec les traumatismes intergénérationnels du passé et la méfiance envers les services de police, on veut améliorer nos relations avec la communauté et faire des interventions qui sont plus efficaces », indique-t-il.

À Montréal, comme dans plusieurs communautés autochtones, les interventions des services policiers auprès des Autochtones ont plusieurs fois été remises en question.

« Il y a plusieurs choses qu’ils vont voir dans le Nord qui vont pouvoir alimenter leurs connaissances dans la prise en charge de cette population au quotidien », affirme Michel Martin. Il cite notamment comme exemples la pénurie de logements, un facteur qui pousse bon nombre d’Inuit à quitter leur communauté, ou encore les longs temps d’attente auxquels se heurtent les détenus avant leur procès.

Les agents du SPVM et du CPRK discuteront des problématiques qui touchent les Inuit du Nunavik et qui motivent parfois leur départ vers le sud du Québec, comme la pénurie de logements. (Matisse Harvey/Regard sur l’Arctique)
Une meilleure collaboration

La première rencontre, qui aura lieu à Kuujjuaq, sera orientée sur la gestion conjointe de cas d’Inuit portés disparus dans la métropole. « Ça se fait déjà, mais c’est beaucoup plus lourd et compliqué », explique Michel Martin.

Il explique qu’il arrive souvent à des agents du corps de police du Nunavik de perdre du temps avant de trouver à quel enquêteur du SPVM ils doivent s’adresser. « Des fois, ça prend une demi-journée juste pour savoir qui fait l’enquête », dit-il.

Michel Martin croit que les deux services de police ont tout avantage à travailler ensemble pour faciliter les échanges d’informations et accélérer leurs communications.

À Puvirnituq, des agents du CPRK présenteront leur équipe mixte d’intervention; un projet pilote lancé au mois d’avril où un policier et un travailleur social interviennent en binôme sur le terrain. À terme, le corps de police régional souhaiterait reproduire l’initiative dans les 13 autres communautés du Nunavik.

« C’est vraiment efficace comme modèle, indique Michel Martin. C’est un projet qui sera amené à s’étendre, mais pour l’instant, le faire découvrir dans le quotidien, c’est une belle opportunité. »

À terme, Carlo DeAngelis s’attend à ce que les informations recueillies lui permettent de mettre à niveau certaines formations offertes aux agents du SPVM.

Les deux rencontres organisées au Nunavik s’inscrivent dans un partenariat conclu au mois de mai entre le SPVM et le CPRK.

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