Des policiers du Nord québécois disposeront de caméras vidéo corporelles

Dans le cadre d’un projet pilote, des agents du Corps de police régional Kativik à Kuujjuaq, dans le Nord québécois, auront bientôt à leur disposition six caméras vidéo corporelles. Sur cette image, un policier britannique porte une caméra portative de la compagnie Axon; un modèle identique à celui qui sera utilisé à Kuujjuaq, dans le cadre d’un projet pilote. (Jack Taylor/Getty Images)
Pendant un peu plus d’un an, des policiers du Nunavik, dans le Nord québécois, seront équipés de caméras vidéo corporelles lors de leurs interventions sur le terrain.

Dans le cadre d’un projet pilote qui doit débuter le 20 janvier, le Corps de police régional Kativik (CPRK) mettra six caméras vidéo corporelles à disposition de ses agents de Kuujjuaq, la communauté inuit la plus peuplée de la région.

« La caméra va pouvoir enregistrer l’événement vu par le policier », explique le conseiller pour la CPRK et ancien chef de la police régionale, Michel Martin.

Il explique que l’objectif du projet est multiple : augmenter la transparence, renforcer le lien de confiance envers les policiers, éviter des plaintes inutiles et favoriser l’impartialité.

« Au cours des dernières années, il y a eu plusieurs cas où des personnes ont été blessées, d’autres encore ont perdu la vie lors d’interventions policières », explique Michel Martin. Même s’il affirme que l’usage de l’arme y était justifié, il admet que certains résidents ressentent de la méfiance envers le corps policier.

Les policiers de Kuujjuaq seront les premiers agents du Nunavik à tester le projet pilote, à compter du 20 janvier 2020. (Maxime Mercier/Courtoisie de Michel Martin)
Plus de précision, moins d’interprétation

L’ancien chef de police estime que l’usage de cet équipement aura comme principal avantage d’augmenter le niveau de précision lors des interventions policières. « Ça va éviter d’avoir une mauvaise interprétation des événements qui surviennent, affirme-t-il. Quand il y a une caméra qui filme l’interaction, on se rend compte que ce n’est pas toujours ce qu’on pense qui est arrivé. »

« Quand on dit qu’une personne était chancelante, ça veut dire quoi? Eh bien, sur l’image, on va le comprendre tout de suite. »

Michel Martin, conseiller pour le Corps régional de police Kativik et ancien chef de la police régionale

Le maire de Kuujjuaq, Sammy Koneak, voit de son côté le projet d’un bon œil. « Ce sera bénéfique pour les deux parties, parce qu’on constate autant de la brutalité policière que de la violence dirigée contre la police, mentionne-t-il. Les caméras vidéo corporelles seront certainement essentielles pour clarifier les cas de plaintes. »

Somme toute, Michel Martin estime que le projet pilote s’inscrit dans une démarche de modernité. « On voit de plus en plus d’organisations policières utiliser ces caméras de surveillance, dit-il. C’est très populaire aux États-Unis, mais moins au Canada. »

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est le premier corps policier du Québec à avoir testé l’usage de caméras portatives. Entre mai 2016 et avril 2017, 78 patrouilleurs ont eu recours à cet équipement. Le projet n’a toutefois pas été retenu, notamment en raison des coûts d’exploitation, des risques potentiels pour la vie privée et de l’incertitude sur la véritable efficacité de cet équipement.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a également testé l’initiative, en 2010 et en 2013, mais une étude de faisabilité parue en 2015 a conclu que l’usage de caméras vidéo corporelles posait un grand nombre de défis techniques et de risques pour la protection de la vie privée.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déjà envisagé d’introduire des caméras vidéo portatives. Après avoir été testé pendant près d’un an, le projet n’a toutefois pas été retenu. (Simon-Marc Charron/Radio-Canada)
Zones grises?

S’il voit plus d’avantages que d’inconvénients, Michel Martin admet que le projet soulève plusieurs questions, notamment en matière de confidentialité. « Combien de temps les données vont être conservées, comment on peut les utiliser, qui peut avoir accès à ces informations », cite-t-il comme exemples.

Dans son rapport de synthèse rendu public au terme de son projet pilote, le SPVM avait notamment conclu que le recours éventuel aux technologies de reconnaissance faciale à l’aide d’une caméra portative soulevait plusieurs questions associées au respect de la vie privée.

Selon le CPRK, les enregistrements seront strictement destinés aux fins d’enquêtes criminelles et seuls les procureurs et les policiers à l’origine de l’enregistrement pourront les consulter­.

En plus des coûts d’exploitation, Michel Martin reconnaît par ailleurs que le stockage des enregistrements collectés augmente les charges administratives, ce qui peut expliquer la réticence de certains corps policiers à avoir recours à cet outil.

Le projet pilote sera introduit à Kuujjuaq pendant un peu plus d’un an. Si les résultats sont concluants, le CPRK souhaiterait par la suite le tester dans d’autres communautés de la région.

Les caméras corporelles, dont les coûts unitaires avoisinent les 600 $, seront résistantes aux intempéries et pourront fonctionner à l’extérieur jusqu’à des températures minima de -20 degrés Celsius.

Une pensée sur “Des policiers du Nord québécois disposeront de caméras vidéo corporelles

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    mercredi 1 janvier 2020 à 05:20
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    je crois que 99% des policiers qui commette des infraction sont juste impuni, même avec des preuves.
    comme avec l’église dans les années 80… aucune supervision, aucun reportage des médias…

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