Couvre-feu régional dans l’Arctique québécois suite à un premier cas de COVID-19

L’immeuble de l’Administration régionale Kativik à Kuujjuaq, au Québec. Un couvre-feu dans l’Arctique québécois en réponse à la pandémie de la COVID-19 sera appliqué par la police avec l’aide des maires et des conseils municipaux locaux. (Eilís Quinn/Eye sur l’Arctique)
Un couvre-feu a été mis en place dans toute la région inuit de l’Arctique québécois dimanche soir, après la confirmation du premier cas de COVID-19 samedi.

Tous les résidents des 14 villages du Nunavik, la région inuit de la province du Québec, doivent rester chez eux entre 21 heures et 6 heures du matin tous les jours, a déclaré dimanche l’Administration régionale Kativik (ARK), qui administre le Nunavik, dans un communiqué de presse.

Le couvre-feu sera en vigueur pour une durée indéterminée.

« Les couvre-feux sont une mesure préventive visant à protéger tous les Nunavimmiut [ndlr : résidents du Nunavik] contre la propagation potentielle du virus », a déclaré l’ARK.

Le Nunavik a eu samedi son premier cas confirmé de COVID-19 dans le village de Salluit, dans le détroit d’Hudson, une communauté d’environ 1483 personnes.

Le Nunavik a une population d’environ 13 000 personnes. Ses communautés n’ont pas d’accès routier et ne sont accessibles que par avion. La majorité des communautés n’ont pas de médecin résident et sont desservies par de petits postes de secours.

Le Nunavik a mis en place des mesures strictes en réponse à la pandémie de la COVID-19, de peur que sa propagation dans la région ne submerge ses infrastructures de soins de santé déjà limitées.

Aéroport, restrictions de circulation des motoneiges

Tous les accès aux aéroports du Nunavik sont désormais restreints et seuls les vols de services essentiels et de fret sont autorisés à atterrir dans les communautés. À Salluit, l’aéroport a été fermé à tout trafic jusqu’à nouvel ordre, sauf dans des « circonstances exceptionnelles », déclare l’ARK.

Les autorités du Nunavik ont également interdit les déplacements intercommunautaires en motoneige.

« Moins il y aura de contacts entre les résidents des différentes communautés, plus les habitants se donneront des chances de limiter la propagation du virus », a déclaré Jean-Pierre Larose, chef du service de police régional Kativik au Nunavik et directeur de la sécurité publique.

La responsabilité de chacun sur les réseaux sociaux

L’ARK demande également à tous les résidents du Nunavik d’utiliser les réseaux sociaux de façon responsable pendant la crise de la COVID-19 et de s’abstenir de faire quoi que ce soit en ligne « qui pourrait menacer le bien-être des autres », selon le communiqué de presse.

« Parfois, lors d’épisodes de tuberculose par exemple, nous avons constaté qu’il pouvait y avoir de la stigmatisation ou des accusations en ligne », a déclaré lundi un porte-parole de l’ARK à Regard sur l’Arctique. « Nous ne voulons pas voir ce genre de comportements aujourd’hui et nous voulons simplement rappeler aux gens l’importance d’utiliser les réseaux sociaux de manière responsable et de ne pas faire circuler de fausses informations ».

Traduction par Mathiew Leiser, Regard sur l’Arctique.

Eilís Quinn, Eye on the Arctic

Eilís Quinn, Regard sur l'Arctique

Eilís Quinn est une journaliste primée et responsable du site Regard sur l’Arctique/Eye on the Arctic, une coproduction circumpolaire de Radio Canada International. En plus de nouvelles quotidiennes, Eilís produit des documentaires et des séries multimédias qui lui ont permis de se rendre dans les régions arctiques des huit pays circumpolaires.

Son enquête journalistique «Arctique – Au-delà de la tragédie » sur le meurtre de Robert Adams, un Inuk de 19 ans du Nord du Québec, a remporté la médaille d’argent dans la catégorie “Best Investigative Article or Series” aux Canadian Online Publishing Awards en 2019. Le reportage a aussi reçu une mention honorable pour son excellence dans la couverture de la violence et des traumatismes aux prix Dart 2019 à New York.

Son reportage «Un train pour l’Arctique: Bâtir l'avenir au péril d'une culture?» sur l'impact que pourrait avoir un projet d'infrastructure de plusieurs milliards d'euros sur les communautés autochtones de l'Arctique européen a été finaliste dans la catégorie enquête (médias en ligne) aux prix de l'Association canadienne des journalistes pour l'année 2019.

Son documentaire multimedia «Bridging the Divide» sur le système de santé dans l’Arctique canadien a été finaliste aux prix Webby 2012.

En outre, son travail sur les changements climatiques dans l'Arctique canadien a été présenté à l'émission scientifique «Découverte» de la chaîne française de Radio-Canada, de même qu'au «Téléjournal», l'émission phare de nouvelles de Radio-Canada.

Au cours de sa carrière Eilís a travaillé pour des médias au Canada et aux États-Unis, et comme animatrice pour la série «Best in China» de Discovery/BBC Worldwide.

Twitter : @Arctic_EQ

Courriel : eilis.quinn@radio-canada.ca

Une pensée sur “Couvre-feu régional dans l’Arctique québécois suite à un premier cas de COVID-19

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    lundi 30 mars 2020 à 18:02
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    J’aime bien des nouvelles des régions éloignées je connais des gens qui travaillent dans les communautés éloignées. Merci pour votre travail.

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