Nord canadien : l’Université du Yukon avantageuse pour les chercheurs

Le chercheur Fabrice Calmels et son équipe étudient le pergélisol depuis plusieurs années au Yukon. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
La désignation d’Université du Yukon officialisée à la mi-mai donnera du poids, croient les chercheurs, à leur travail. Un pari qui, en ces temps de pandémie, s’avère juste.

L’expert dans l’étude du pergélisol Fabrice Calmels a ainsi vite ajusté son titre de Collège à Université du Yukon.

« Pour nous, en tant que chercheurs, le terme université implique un autre rapport avec la communauté scientifique, ce qui veut dire que maintenant on est un établissement qui est aussi beaucoup orienté vers la recherche et vers les sciences. »Fabrice Calmels, chercheur associé, Université du Yukon

Un changement de cap avec son expérience à l’époque où il relevait de l’Université de l’Alberta. « Au niveau de notre notoriété, on n’était pas connu comme étant des gens vivant dans le Nord. Parfois, les gens pouvaient penser qu’on n’avait pas la bonne perception de ce qui se passait dans le Nord. »

Les chercheurs basés au territoire croient ainsi avoir une relation plus étroite avec les communautés avec lesquelles ils collaborent. Les responsables derrière la création de l’Université souhaitaient d’ailleurs que l’institution permette au Nord de développer sa propre expertise sur les enjeux qui l’occupent.

La conception du pavillon des sciences de l’Université du Yukon a été présentée l’an dernier quand le gouvernement fédéral a annoncé l’injection de 26 millions de dollars dans le projet. (Université du Yukon)

Selon la vice-présidente du développement de la recherche scientifique à l’Université, Bronwyn Hancock, la désignation d’université valide le travail de recherche qui s’effectue au collège depuis des décennies.

« Nous comprenons le contexte dans lequel nous travaillons. Nous comprenons le contexte d’autodétermination et nous avons l’habileté de travailler sur de nombreuses années et sur plusieurs projets en même temps, dans une relation soutenue avec nos partenaires. »Bronwyn Hancock, vice-présidente du développement de la recherche scientifique, Université du Yukon
La pandémie solidifie le lien de proximité

Avec toutes les restrictions de voyage imposées par les territoires aux non-résidents, nombre de chercheurs des institutions du sud du pays ont dû annuler leur collecte de données dans l’Arctique.

Bronwyn Hancock rappelle que cette interruption de collecte n’est pas sans conséquence. « Il est beaucoup question du manque de données sur les [changements climatiques] dans le Nord et donc la perte d’une saison de données peut avoir un impact important, mais parce que nous pouvons nous ajuster, il nous sera possible de poursuivre la recherche. »

« Si on devait continuer les travaux avec la permission des communautés, c’est beaucoup plus simple du fait qu’ils savent qu’on est dans le Nord et qu’on ne vient pas de l’extérieur. […] Il y a beaucoup moins d’appréhension. »Fabrice Calmels, chercheur associé, Université du Yukon

Fabrice Calmels ne sait pas encore quels projets pourront aller de l’avant dans les communautés, mais affirme que tout le monde se montre compréhensif avec la situation échelonnant, par exemple, la durée du financement.

Certains chercheurs de l’Université du Yukon rejoignent par ailleurs peu à peu les rangs des réseaux nationaux de recherche scientifique, souligne Mme Hancock, asseyant davantage l’expertise du Nord.

Fabrice Calmels croit tout de même qu’il y a de la place pour davantage de chercheurs scientifiques basés dans les territoires. « Ce serait intéressant d’avoir plus de scientifiques qui sont basés dans le Nord. Il y en a quelques-uns, mais peut-être pas assez. »

Claudiane Samson, Radio-Canada

Claudiane Samson, Radio-Canada

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