Naviguer en temps de pandémie dans l’Arctique canadien

Le brise-glace Amundsen de la Garde côtière canadienne, en septembre 2015. (Clément Sabourin/AFP/Getty Images)
Afin d’assurer les services d’approvisionnement des communautés de l’Arctique, la garde côtière canadienne a dû mettre en place un protocole strict afin de respecter les directives de Santé Canada.

Des mesures spécifiques ont été mises en place afin d’assurer la sécurité des équipages, mais également des habitants des collectivités arctiques.

« Nous sommes confrontés aux réalités et nous mettons en place les meilleures pratiques afin de réduire les risques » indique Chris Henderson de la Garde côtière canadienne lors d’une conférence de presse.

À bord, le personnel devra se soumettre à une procédure sanitaire stricte comme la prise de température deux fois par jour par le personnel médical ainsi que le port de masques, de gants et de lunettes de protection. Le respect de l’éloignement physique sera également de rigueur, car la sécurité à bord demeure la priorité, selon M. Henderson.

Un partenariat renforcé avec le Nunavut

Dans ce contexte atypique, le gouvernement du Nunavut a donné son aval à la procédure mise en place par la garde côtière. Alors qu’aucun cas de COVID-19 n’a été déclaré dans le territoire, les frontières n’en demeurent pas moins fermées aux voyageurs.

Cependant, un sentiment d’inquiétude demeure dans la mesure où les équipages de trois des navires qui se rendront dans l’Arctique viennent du Québec. Province canadienne la plus touchée par la COVID-19 avec 54 146 personnes infectées, le Québec détient un triste record et détient plus de 54% des cas déclarés au Canada. Afin de prévenir toute contamination dans les communautés, les équipages ayant appareillé dans le Sud n’auront aucun contact avec les résidents du Nunavut.

« Nous voulons minimiser, voire éliminer, tous les risques de contamination dans l’Arctique. »Marc-André Meunier, Commissaire adjoint à la Garde côtière canadienne

De plus, tous les membres d’équipage seront testés avant leur départ : « à la suite de discussions très constructives avec les autorités de santé publique de la province de Québec, nous avons obtenu le test de dépistage de la COVID-19 pour tous les équipages de la Garde côtière canadienne se déployant cette saison dans l’Arctique à partir de Québec », confirme Benoit Mayrand chargé des relations avec les médias.

Le brise-glace Louis S. St-Laurent, de la Garde côtière canadienne, en Nouvelle-Écosse, dans le Canada atlantique. (Andrew Vaughan/La Presse canadienne)
Protocole spécifique à Rankin Inlet

À la station d’embarcation de sauvetage côtier de Rankin Inlet au Nunavut, un équipage de réserve sera disponible à tout moment si un cas de COVID-19 apparaissait sur l’un des navires.

Le programme d’embarcations de sauvetage côtier, qui forme et emploie chaque été des étudiants de Rankin Inlet, joue un rôle fondamental puisqu’il intervient lors des opérations d’intervention en cas de détresse. Il permet notamment d’accroitre la sécurité maritime dans les eaux arctiques.

Cette année, les sessions de formation se feront en groupe réduit et les étudiants qui participeront aux formations en extérieur devront se soumettre à un protocole de surveillance sanitaire qui inclus de compléter un historique de voyage.

Restrictions des déplacements dans les eaux arctiques

Transport Canada a interdit l’utilisation d’embarcations de plaisance dans les eaux côtières de l’Arctique depuis le 1er juin 2020. Cette interdiction est en vigueur au nord du 60e parallèle, mais concerne également les collectivités éloignées du Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador), du Nunavik (Québec) et de la côte du Labrador, jusqu’au 31 octobre 2020.

Cependant toute embarcation de plaisance étrangère peut exercer son droit de passage, en vertu du droit international, mais doit signaler sa présence et sa trajectoire au ministère des Transports 60 jours avant l’arrivée effective dans les eaux arctiques. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 définit l’expression de « passage inoffensif » comme le passage d’un navire étranger qui ne porte pas atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l’État côtier.

Cet été, si des embarcations de plaisance décident de voguer, les équipages n’auront pas le droit de s’arrêter dans les collectivités arctiques. Dans le cas contraire, ils seront passibles d’une amende de 5000 $. Une surveillance accrue du trafic maritime est donc à prévoir que ce soit par un inspecteur de la sécurité maritime, par un membre de la Gendarmerie royale du Canada ou encore par un membre d’un corps de police des ports ou des cours d’eau. Les eaux arctiques sont sous étroite surveillance elles aussi.

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Nelly Guidici, L'Aquilon

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