Northwestel jouit d’un quasi-monopole dans le Nord canadien, dénonce le sénateur du Nunavut

Northwestel, une filiale de Bell, est le principal fournisseur de services Internet et de téléphonie dans le nord du Canada. (Matisse Harvey/Radio-Canada)
Le sénateur du Nunavut s’insurge des sommes fédérales octroyées au fournisseur de services Internet et de téléphonie Northwestel alors que, selon lui, l’entreprise jouit d’un quasi-monopole en matière de télécommunications dans le Nord.

Northwestel, une filiale de Bell, est le principal fournisseur de services Internet et de téléphonie dans le nord du pays. Plusieurs de ses compétiteurs doivent faire appel à ses infrastructures alimentées par un réseau satellite pour être en mesure d’offrir à leur tour des services de connectivité.

En vertu d’ententes avec le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et le gouvernement fédéral, qui lui ont octroyé plusieurs financements au cours des dernières années, Northwestel est tenue d’offrir aux autres fournisseurs de services un accès à ses installations.

« Un manque de concurrence »

« Northwestel reçoit des sommes significatives [du gouvernement] du Canada », indique le sénateur Dennis Patterson.

Le 12 août, le CRTC a annoncé qu’il allouerait un financement de plus de 72 millions de dollars à Northwestel pour améliorer l’accès à une connectivité Internet aux résidents du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

« C’est une bonne chose que cet argent soit destiné à l’amélioration des services [Internet] dans le Nord. Toujours est-il que, quand vient le temps de remplir ses promesses de donner accès [à sa bande passante] à ses compétiteurs, Northwestel leur met en réalité des bâtons dans les roues. » Dennis Patterson, sénateur du Nunavut
« Ils disent encourager la concurrence, mais ils font complètement le contraire. Cette hypocrisie perpétue un monopole [et] un manque de concurrence, ce qui accroît les coûts pour les consommateurs, limite l’innovation et se traduit par une mauvaise politique publique. » Dennis Patterson
Le sénateur du Nunavut, Dennis Patterson, affirme que Northwestel entretient un monopole des télécommunications qui empêche l’innovation dans le Nord. (Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne)
Concurrence difficile

Le directeur de l’expansion chez SSi Micro, Dean Proctor, abonde dans le même sens. L’entreprise, qui dessert les 25 communautés du Nunavut, est la principale concurrente de Northwestel au territoire.

Parmi les difficultés auxquelles se heurte SSi Micro, Dean Proctor cite les prix élevés imposés par Northwestel pour l’accès à ses infrastructures et la « mauvaise qualité » des services ainsi obtenus.

« Il y a souvent des jours où le réseau est bloqué […] parce que trop de gens utilisent le réseau en même temps. Et ça, c’est à cause de la qualité des services qui est contrôlée par Bell. » Dean Proctor, directeur de l’expansion chez SSi Micro
« C’est impossible pour nous d’offrir un service à nos propres clients si on ne sait même pas quelle est la qualité des services que l’on reçoit de Bell. » Dean Proctor

Il ajoute que SSi Micro doit aussi conjuguer avec une hausse de la demande en connectivité Internet. 

« On est confronté à une crise […] qui est de plus en plus apparente depuis la pandémie : il n’y a pas assez de capacité et les coûts ne sont pas abordables pour le consommateur moyen au Nunavut. » Dean Proctor
Dean Proctor, de SSi Micro, affirme que Northwestel met délibérément des bâtons dans les roues à ses compétiteurs. (David Gunn/Radio-Canada)

Dans un échange de courriels, Northwestel affirme donner accès à ses installations aux autres fournisseurs nordiques de services Internet.

En 2017, l’entreprise a reçu une enveloppe de 49,9 millions de dollars d’Ottawa pour améliorer la connectivité Internet des 25 communautés du Nunavut. Cette somme lui a servi à mettre sur pied son projet Tamarmik Nunaliit qui visait, entre autres, à construire de nouvelles stations terriennes de communications par satellite.

« Le réseau satellite de Tamarmik Nunaliit est un réseau dont l’accès est entièrement ouvert, affirme le porte-parole de Northwestel, Andrew Anderson. Pour être clair, Northwestel et Bell ne sont pas les seuls à [l’]utiliser », dit-il.

Matisse Harvey, Radio-Canada

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