Les députés des Territoires du Nord-Ouest révoquent le poste de la ministre Nokleby

Dans un gouvernement de consensus comme aux T.N.-O., c’est l’ensemble des députés qui choisissent les ministres et c’est la première ministre qui leur attribue leurs portefeuilles. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
Les membres de l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest ont révoqué le poste de Katrina Nokleby au sein du Conseil exécutif.

En débattant sur la motion de censure en Chambre, la première ministre et des députés ont accusé l’ex-ministre d’un manque de professionnalisme et d’un comportement parfois « extrêmement inapproprié ».

La première ministre, Caroline Cochrane, avait créé la surprise la semaine dernière en annonçant avoir enlevé les portefeuilles de sa ministre de l’Infrastructure, de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, Katrina Nokleby.

Dans un gouvernement de consensus comme aux Territoires du Nord-Ouest, ce sont les députés qui choisissent la première ministre et les six autres membres de son Conseil exécutif.

Ainsi, le pouvoir de révoquer un poste de ministre ne revient pas à la première ministre, mais bien à l’ensemble des députés qui peuvent le faire en déposant une motion de censure.

Les 19 députés de l’Assemblée législative étaient donc de retour en Chambre mercredi pour débattre la motion de censure introduite par la première ministre, lundi.

Une majorité simple est nécessaire pour révoquer un ministre du Conseil exécutif.

Seule Katrina Nokleby s’y est opposée.

Le député de Nunakput, Jackie Jacobson, s’est abstenu de voter, expliquant ne pas avoir vécu les mêmes expériences que ses collègues.

Katrina Nokleby est la députée de Great Slave. (Mario de Ciccio/Radio-Canada)
La première ministre et les députés s’expliquent

Depuis la révocation des portefeuilles de la ministre la semaine dernière, la première ministre, Caroline Cochrane, ainsi que Katrina Nokleby et l’ensemble des députés sont restés silencieux en refusant les demandes d’entrevues de tous les médias du territoire.

Le débat sur la motion de mercredi a donc donné aux Ténois une première vraie occasion d’entendre les opinions de leurs élus sur cet épineux sujet.

En introduisant la motion, la première ministre a réitéré sa difficulté à parler publiquement de ce dossier en cherchant un équilibre entre les informations nécessaires pour le public et le respect qu’elle doit à sa collègue Katrina Nokleby.

La première ministre a peint sa collègue comme étant une ministre ayant souvent des accès de colère et un comportement parfois « extrêmement inapproprié ».

La première ministre Caroline Cochrane. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Caroline Cochrane accuse, entre autres, son ex-ministre d’avoir crié sur des employés, d’avoir ciblé du personnel avec des mesures disciplinaires en basant sur des rumeurs et d’avoir exprimé ouvertement des opinions « négatives, dégradantes et potentiellement préjudiciables » à propos de divers fonctionnaires.

Elle l’accuse aussi d’avoir failli dans la gestion de ses portefeuilles en prenant, entre autres, trop de temps pour répondre à des demandes.

« J’ai donné à la ministre Nokleby de nombreuses occasions de s’améliorer, mais je n’ai pas eu d’autre choix que de retirer ses portefeuilles. » Caroline Cochrane, première ministre des T.N.-O

Plusieurs députés ont aussi partagé certaines de leurs expériences négatives avec la ministre. De nombreux députés ont dit avoir voulu lui donner une chance de s’améliorer, mais ne pas avoir remarqué de résultats positifs.

Certains députés ont aussi accusé Katrina Nokleby de ne pas avoir pris à coeur les gouvernements et les petites communautés autochtones du territoire.

« J’ai vu la ministre ignorer de manière flagrante les problèmes économiques des petites communautés » Steve Norn, député de Tu Nedhe-Wiilideh
Katrina Nokleby se défend

Katrina Nokleby s’est aussi exprimée sur la motion, un premier commentaire depuis l’annonce de la perte de ses portefeuilles la semaine dernière.

Dans sa déclaration, l’ex-ministre a expliqué avoir toujours exercé ses fonctions avec intégrité et avec passion.

« Ai-je été parfaite? Bien sûr que non. Ai-je été franche? Voilà qui je suis. » Katrina Nokleby, députée de Great Slave Lake
« La culture toxique du secret a permis de dénigrer mon caractère et mon professionnalisme, tout en ne me permettant pas de répondre, ou de me défendre. Je suis déçue d’avoir été injustement réprimandée selon rien de plus que des potins, des hérésies, des rumeurs et des sentiments meurtris. » Katrina Nokleby
Mario De Ciccio, Radio-Canada

Mario De Ciccio, Radio-Canada

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