Fortement frappée par la COVID-19, la Première Nation de Shamattawa dans le Grand Nord canadien tente d’éviter le pire

Tentant déjà de passer à travers ce moment sombre, les résidents de Shamattawa doivent aussi composer avec un coucher de soleil très tôt, vers 15 h. (Patrick Foucault/Radio-Canada)
À Shamattawa, le contraste entre la beauté du paysage de cette communauté autochtone du nord manitobain et les conditions de vie est frappant. Comme si vivre sans accès à de l’eau potable depuis des années ou de combattre la tuberculose n’était pas assez, les résidents doivent maintenant lutter contre la propagation fulgurante des cas de COVID-19.

Petite communauté de quelque 1300 âmes, Shamattawa, ou Kisemattawa, selon son nom autochtone, rapporte qu’environ le quart de sa population est atteint par le nouveau coronavirus. Le taux de positivité, lui, est de 70 à 80 %.

Il suffit d’une petite balade dans la réserve pour réaliser que les résidents de Shamattawa sont généreux de leur temps. Si la plupart se confinent à l’intérieur, certains sortent pour des activités essentielles. S’ils gardent bien sûr une bonne distance, ils acceptent tout de même de partager leur angoisse.

« C’est très difficile, surtout lorsque vous avez de nombreux enfants qui vivent avec vous. »Esther Thomas, résidente

Elle et deux autres adultes vivent avec neuf enfants dans la même maison. Une telle situation n’est pas rare, bien au contraire, dans de nombreuses réserves autochtones au Canada, comme Shamattawa.

Esther Thomas vit avec 11 autres personnes dans sa maison. (Trevor Lyons/Radio-Canada)

Mme Thomas tente de rester à la maison le plus souvent possible pour éviter d’exposer sa famille.

Elle n’a pas vraiment le choix : pratiquement tout est fermé à Shamattawa, même le seul supermarché de la communauté.

Les Forces armées en renfort

Signe encourageant pour les résidents de Shamattawa : après la Croix-Rouge et plusieurs bénévoles de l’extérieur, ils peuvent maintenant compter sur l’aide de l’armée canadienne.

Arrivée pendant le weekend, une soixantaine de militaires s’attellent déjà à la tâche.

Dans les prochains jours, l’armée aidera avec le côté médical de la lutte contre la pandémie dans la réserve.

Elle procédera également à l’installation d’unités d’isolement préventives dans les classes de la seule école de Shamattawa.

Tout juste avant l’heure du dîner dimanche, une soixantaine de militaires ont débarqué à Shamattawa, apportant avec eux des vivres et de l’équipement pour aider la communauté dans les prochains jours. (Patrick Foucault/Radio-Canada)

Les militaires cogneront notamment aussi aux portes pour aider les résidents à se faire dépister.

Le séjour des Forces dans le nord du Manitoba est pour une durée indéterminée. Les militaires assurent également que l’armée est prête à être déployée à tout moment dans d’autres communautés éloignées, partout au pays, si le besoin se fait sentir.

Au cœur de la tempête

De son propre aveu, le chef de la Première Nation de Shamattawa, Eric Redhead, a déjà eu meilleur sommeil.

« La situation peut encore se détériorer avant de s’améliorer. »Eric Redhead, chef de la Première Nation de Shamattawa
Le chef de la Première Nation de Shamattawa, Eric Redhead, croit que sa communauté est encore en plein cœur de la tempête. (Patrick Foucault/Radio-Canada)

Il affirme qu’il est probable que 100 % des résidents soient un contact d’une personne positive à la COVID-19.

Cependant, Eric Redhead croit qu’une collaboration entre son conseil de bande, l’armée et la Croix-Rouge, entre autres, est une bonne manière de lutter contre la pandémie.

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