L’art inuit canadien, de plus en plus reconnu et populaire au Manitoba et dans le monde

Oeuvre “Bear Holding Fish” (Ours tenant un poisson) Mathew Aqiggaaq. (Gouvernement du Nunavut/Musée des beaux-arts de Winnipeg)
Depuis quelques décennies, l’art inuit occupe une place prépondérante dans les galeries d’art du pays et à travers le monde. L’agente d’engagement au Musée des beaux-arts de Winnipeg (WAG), Amber O’Reilly, revient sur la redécouverte de cet art millénaire.

« En 1950, le marché commercial [de l’art inuit] est né, car la Compagnie de la Baie d’Hudson a ouvert des postes de traites dans des régions arctiques. Cette dernière a accumulé une grande collection en faisant affaire dans le Nord canadien », raconte Amber O’Reilly, en rappelant l’importance du troc dans ces années. Puis, des gens d’affaires ont commencé à s’intéresser à cette collection.

« C’est de cette façon que la collection du Musée des beaux-arts de Winnipeg s’est formée. Nous avons accumulé la plus grande collection d’art inuit sur terre. »Amber O'Reilly, agente d'engagement au Musée des beaux-arts de Winnipeg

Elle mentionne entre autres que des collectionneurs locaux ont légué leurs œuvres au Musée à leur décès.

« Nous tentons de rendre accessible la collection et l’art inuit non seulement aux Inuit eux-mêmes, mais aussi au public en général », souligne l’agente d’engagement du WAG.

Le Musée des beaux-arts de Winnipeg (WAG) ouvrira Qaumajuq, le premier centre consacré à l’art et à la culture des Inuit du Canada et d’ailleurs dans le monde. Le centre ouvrira à la fin du mois de février 2021. (Radio-Canada/Musée des beaux-arts de Winnipeg)

Celle qui est aussi artiste et poète admet tout de même qu’il reste du chemin à faire pour ce qui est de la reconnaissance, de l’équité des salaires et du respect des droits des artistes.

Les coopératives arctiques représentent un point positif, selon Amber O’Reilly, car elles ont permis de « démocratiser l’art ».

« Les artistes sont maintenant appuyés par ces structures entrepreneuriales, pour la plupart gérées par les Inuit. »Amber O'Reilly, agente d'engagement au Musée des beaux-arts de Winnipeg

Ces coopératives permettent de projeter les œuvres inuit sur la scène internationale, selon elle.

Amber O’Reilly rappelle aussi l’importance de la « reconnaissance institutionnelle », car cela contribue aux efforts de réconciliation et de compréhension de la décolonisation.

Amber O’Reilly, agente d’engagement au Musée des beaux-arts de Winnipeg. (Colombe Fortin/Radio-Canada)
Des médias diversifiés

Depuis des milliers d’années, les Inuit sont reconnus comme des experts dans le domaine de la sculpture.

« Aborder une œuvre d’art, c’est un point d’entrée pour mieux connaître l’artiste, son mode de vie et ses valeurs. »Amber O'Reilly, agente d'engagement au Musée des beaux-arts de Winnipeg

« Les premières sculptures étaient en format miniature et en ivoire, car c’était un matériel organique qui les entourait. Les sculptures pouvaient être échangées contre des biens et des denrées essentielles », explique Amber O’Reilly en ajoutant que certaines de ces sculptures miniatures font aujourd’hui partie de la collection du WAG.

« C’est plus tard que la pierre est devenue plus prisée », note-t-elle. Selon l’artiste, les techniques d’extraction, et les outils ont été élaborés.

« C’est là que les artistes ont pu diversifier les médias et les techniques utilisés pour la sculpture, explique-t-elle. Aujourd’hui on ne parle plus uniquement de sculpture, on parle aussi des dessins, des gravures, des œuvres textiles. L’art est devenu un moyen de subsistance pour beaucoup de personnes », conclut Amber O’Reilly.

Avec les informations de Patricia Bitu Tshikudi

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