La Lune contrôlerait la libération de méthane dans l’océan Arctique, selon une étude

La lune se lève sur la glace arctique près de la station de glace du Laboratoire de physique appliquée au nord de Prudhoe Bay, en Alaska. (Lucas Jackson/Reuters)
La force de gravitation de la Lune a des effets nombreux sur notre planète, notamment sur les marées. Des scientifiques ont découvert que les marées pouvaient à leur tour avoir une influence sur l’intensité des émissions de méthanes reposant dans les fonds marins de l’océan Arctique.

Selon une récente étude menée par le département arctique de l’Université de Tromsø en Norvège, les marées hautes pourraient même contrer une potentielle menace de libération de méthane dans les profondeurs océaniques de l’extrême nord qui se réchauffent sous l’effet des changements climatiques.

Depuis plusieurs années, les scientifiques observent une augmentation nette des quantités de méthane qui s’échappe de l’océan Arctique. Les mystères demeurent toutefois nombreux sur les conséquences de ces « fuites » en ce qui concerne le bilan des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

À ce titre, l’étude norvégienne publiée dans la revue Nature Communications avance que la lune aurait un rôle à jouer. La chercheure et co-auteur, Andreia Plaza Faverola, explique que les scientifiques ont remarqué que les accumulations de gaz, qui se trouvent dans les sédiments à moins d’un mètre du fond de la mer, sont vulnérables aux changements de pression des marées, même celles très minimes.

« Une marée basse signifie une pression hydrostatique moindre et une intensité plus élevée de libération de méthane. La marée haute équivaut à une pression élevée et une intensité plus faible de la libération. »Andreia Plaza Faverola, chercheure et co-auteur de l’étude

C’est la première fois que cette observation est faite dans l’océan Arctique, ajoute de son côté le co-auteur Jochen Knies. « Cela signifie que de légers changements de pression peuvent libérer des quantités importantes de méthane. C’est un changement de paradigme et, selon nous, l’impact le plus important de l’étude. »

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont utilisé de nouvelles méthodes de travail qui leur ont permis de révéler des sites de libération de méthane inconnus jusqu’ici. Ils ont également utilisé un outil baptisé piézomètre. Cet outil est capable de calculer avec précision la pression et la température de l’eau.

« Les systèmes terrestres sont interconnectés d’une manière complexe que nous sommes encore en train de déchiffrer, et notre étude révèle l’une de ces interconnexions dans l’Arctique. »Andreia Plaza Faverola, chercheure et co-auteur de l’étude

C’est donc en mesurant les variations des marées que les chercheurs ont pu révéler la présence de gaz à proximité du fond marin de l’océan Arctique. Notons que les expériences ont été effectuées dans une zone nordique où aucune fuite de méthane n’avait été observé auparavant.

Si l’on en croit les conclusions de l’étude, le niveau élevé de la mer aurait des effets sur les émissions de gaz en réduisant potentiellement leur hauteur et leur volume. Toutefois, une question demeure, celle de savoir si l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique pourrait partiellement contrebalancer l’effet de la température sur les émissions de méthane des sous-marins.

« La Lune provoque les marées. Les marées génèrent des changements de pression. Les courants marins façonnent à leur tour le fond de la mer, ce qui a des répercussions sur les émissions de méthane. C’est tout simplement fascinant! », conclut Andreia Plaza Faverola.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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