Les navires à faible vitesse peuvent également tuer des baleines franches en cas de collision

Une baleine franche de l’Atlantique Nord (Reuters)
L’une des menaces les plus mortelles pour les baleines franches de l’Atlantique Nord demeure les collisions avec les navires, notamment au Canada à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Mais une récente étude menée au pays démontre que même avec les restrictions de vitesse maritime imposées par le gouvernement fédéral, les accrochages mortels sont susceptibles de se produire.

À ce titre, la majorité des recherches se penchent souvent sur les collisions avec les gros navires de plus de 20 mètres. Mais rappelons que les petits bateaux se retrouvent également sur le chemin des cétacés. Et tous les navires semblent concernés puisque l’étude pointe également du doigt des navires aussi petits que les langoustiers.

L’étude en question publiée en anglais dans la revue en ligne Marine Mammal Science s’est penchée sur la vitesse des embarcations de toutes tailles. Elle a observé que même avec un ralentissement des embarcations, cela ne suffit pas à protéger les mammifères marins contre les collisions mortelles. Il y a d’ailleurs 80 % des chances qu’une collision avec un navire soit fatale pour l’animal, expliquent les chercheurs.

« Pour faire la lumière sur les blessures causées par les navires de toutes tailles, nous avons utilisé les connaissances de l’anatomie des baleines franches et de la mécanique newtonienne pour construire des modèles simples qui prédisent les contraintes mécaniques subies par les baleines lors des collisions. »Sean Brillant, biologiste et co-auteur de l'étude

Pour Sean Brillant, biologiste de la conservation pour la Fédération canadienne de la faune et co-auteur de l’étude à l’université Dalhousie de Halifax, les chercheurs voulaient surtout déterminer à quelle vitesse un navire a une forte probabilité de tuer une baleine.

Une équipe de Pêches et Océans Canada recueille les tissus d’une baleine franche de l’Atlantique Nord morte dans le golfe du Saint-Laurent. (Pêches et Océans Canada/Reuters)

En entrevue à CBC, il a ajouté que ralentir les gros navires ne réduisait pas le taux de mortalité autant que les chercheurs l’espéraient. Il a ajouté que bien que les limitations de vitesse contribuent probablement à réduire les chances de tuer des baleines, cela n’est pas suffisant pour résoudre le problème.

Selon les estimations, il ne reste sur la planète que 356 baleines franches de l’Atlantique Nord. L’espèce est considérée par les experts en danger critique d’extinction.

Bien que le gouvernement fédéral ait pris des mesures pour réduire sa mortalité comme la limitation de la vitesse, mais aussi en fermant des zones de pêche commerciale où l’on retrouve les cétacés, les causes de leur décès continuent en grande majorité d’être reliées aux activités humaines.

Transport Canada exige dorénavant que les petits navires (plus de 13 mètres de long) réduisent leur vitesse. Cette décision, d’après les chercheurs, est probablement en lien avec les nouvelles informations dévoilées par l’étude.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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