Au Canada, la vie des narvals bouleversée par la hausse des températures et l’activité humaine

Un groupe de narvals observé dans le nord du Canada. (Kristin Laidre/La Presse canadienne)
La survie du narval dans l’Extrême-Nord est mise à mal par la crise climatique. Les scientifiques viennent de classer l’espèce comme étant le mammifère marin le plus vulnérable de l’Arctique.

Le narval, baleine arctique dotée d’une défense rectiligne en spirale, est un animal emblématique de la région polaire. Depuis plusieurs décennies, l’espèce doit faire face à de nombreux défis, notamment climatique, rappelle le Fonds mondial pour la nature (WWF).

On sait que l’Arctique se réchauffe trois fois plus rapidement que la moyenne mondiale. La disparition de la banquise pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur les routes migratoires des Narvals, indique WWF. Notons que 90 % de la population mondiale de narvals passe l’été en eaux canadiennes.

« Ce qui rend cette espèce particulièrement vulnérable est l’étroite relation qu’elle entretient avec la banquise tout au long de sa vie. Aucune autre baleine ne passe autant de temps dans l’habitat de banquise que le narval. »Fonds mondial pour la nature (WWF)

L’organisation internationale ajoute que les baleines qui se déplacent sous la banquise respirent à la surface en localisant les brèches dans la glace. Des centaines de narvals peuvent alors se retrouver piégés lorsqu’une baisse rapide de la température fait geler les trous où elles auraient pu faire surface.

« Dans un contexte où la dynamique de la banquise devient moins prévisible et que les narvals sont déplacés de leur habitat de prédilection, il est probable que de tels épisodes se répètent plus souvent », craint le WWF.

Un narval femelle fait surface dans une zone entourée de glace de mer dans l’ouest du Groenland. (Kristin Laidre/Reuters)

Outre les conséquences de la hausse des températures, le narval doit aussi conjuguer avec l’augmentation de la navigation en Arctique. Très sensible au bruit sous-marin, l’animal voit son existence chamboulée par la pollution sonore issue des bateaux. Il a par exemple de plus en plus de difficulté à trouver de la nourriture.

À ce titre, l’organisation craint que le gouvernement canadien autorise une mine de fer située sur l’île de Baffin à doubler sa production à plus de 14 millions de tonnes. « Ceci causerait une augmentation dramatique du nombre de navires passant à travers Tallurutiup Imanga, une des plus récentes aires marines nationales de conservation du pays et un habitat important pour le narval », écrit le WWF.

« Les communautés inuites ont pris la parole pour mentionner les possibles impacts de la mine Mary River de la compagnie Baffinland sur les espèces et les communautés. »Fonds mondial pour la nature (WWF)

Les scientifiques alertent également sur une autre menace pour le narval : la présence des épaulards. Le prédateur numéro un des baleines arctiques trouve des eaux plus chaudes au Pôle Nord, ce qui accroit sa présence dans la région.

« Une banquise réduite signifie que davantage d’épaulards arrivent tôt en Arctique et y restent plus longtemps, chassant les narvals et les bélugas dans leurs habitats estivaux », explique le WWF.

Un phénomène jugé « inquiétant » et qui a pour effet de modifier le comportement des Narvals. Les chercheurs ont observé que plusieurs individus évitaient des zones d’alimentation en présence des épaulards. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a inscrit le narval sur la liste des espèces « quasi menacées » alors que le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada a classé l’espèce dans la catégorie « préoccupante ».

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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