La Norvège et l’Islande signent un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni

Le CSCL Mercury avec ses conteneurs au port de Felixstowe, en Grande-Bretagne, le 17 novembre 2020. (Peter Cziborra/Reuters)

Le Royaume-Uni a annoncé, vendredi, un accord de libre-échange avec la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, une nouvelle étape importante dans son ambition de renforcer son rayonnement commercial après le Brexit.

L’accord conclu avec ces trois pays qui ne sont pas membres de l’Union européenne, mais y sont étroitement liés en raison de leur appartenance à l’Espace économique européen (EEE) porte sur un volume d’échanges de 21,6 milliards de livres en 2020.

Il va entraîner « un essor majeur de notre commerce » avec les trois autres États, a affirmé la ministre britannique du Commerce, Liz Truss, dans un communiqué.

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), le gouvernement de Boris Johnson a pour projet, qualifié de « Global Britain », de négocier des accords commerciaux dans le monde, qui seront selon lui plus avantageux que ceux négociés par l’UE.

Londres a déjà obtenu des accords avec l’UE, Singapour et le Japon, et est en discussion avec l’Australie, les États-Unis, l’Inde et la Nouvelle-Zélande.

Des négociations vont aussi débuter avec le Canada et le Mexique. Celui dévoilé vendredi va « dynamiser des secteurs importants comme le numérique, faire baisser les droits de douane sur des produits alimentaires et denrées agricoles britanniques de haute qualité et soutenir les emplois partout dans le pays », a ajouté le ministère du Commerce.

La ministre norvégienne du Commerce et de l’Industrie Iselin Nybo et la première ministre Erna Solberg trinquent après une conférence de presse sur l’état des négociations de libre-échange avec le Royaume-Uni, à Oslo, le vendredi 4 juin 2021. (Gorm Kallestad/NTB via AP)

Couvrant pour l’essentiel les échanges avec la Norvège, l’accord prévoit notamment une réduction des droits de douane, qui peuvent aujourd’hui atteindre 277 %, pour les exportateurs de certains fromages cheddar vers le pays nordique. Il comprend également des réductions des taux pour le porc, la volaille, certains poissons et crustacés. Il aidera à préserver 18 000 emplois dans la pisciculture.

La Norvège a souligné que l’accord n’entraînerait pas une augmentation des quotas de bœuf et de fromages britanniques, apaisant ainsi a priori les peurs des producteurs nationaux alors que le gouvernement de centre droit fait face à des élections législatives qui se présentent mal en septembre. Le pays nordique sécurise ainsi l’accès à son premier marché, hors UE, puisque le Royaume-Uni absorbe 22 % de ses exportations, y compris beaucoup de gaz naturel et de poisson.

Parmi les autres avancées, le texte prévoit des procédures électroniques plutôt que des formulaires en papier pour les échanges commerciaux, un plafonnement des frais d’itinérance téléphonique (« roaming ») ou encore une reconnaissance mutuelle des formations de certains emplois qualifiés (infirmier, vétérinaire, avocat…).

Le ministre islandais des Affaires étrangères Gudlaugur Thor Thordarson, lors d’une conférence de presse commune à la suite de réunions avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à Reykjavik, en Islande, le mardi 18 mai 2021. (Saul Loeb/Pool Photo via AP)

En prévision du Brexit, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein avaient signé un accord temporaire leur permettant de continuer à échanger leurs marchandises librement. Mais un accord permanent et plus étendu, y compris notamment les services et les marchés publics, restait à conclure. Lors d’une conférence de presse à Oslo, la première ministre Erna Solberg a salué l’accord de libre-échange le plus vaste que son pays a jamais conclu.

Europhile dans un pays qui a rejeté à deux reprises d’adhérer à l’UE, Mme Solberg a toutefois souligné qu’« un accord de libre-échange ne sera pas aussi satisfaisant que l’accord avec l’EEE ».

Avec le Brexit, le Royaume-Uni a aussi quitté cet espace qui garantit la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux.

« Un accord de libre-échange veut dire plus de bureaucratie et des coûts accrus pour les entreprises et les citoyens, et est moins dynamique par rapport à ce qu’on a via l’EEE », a fait valoir Erna Solberg.

« L’accord ne supprime pas tous les obstacles au commerce non plus. Certains ne sont pas résolus », a-t-elle ajouté. Le texte doit encore être approuvé par le Parlement norvégien, où le gouvernement d’Erna Solberg est minoritaire.

À Reykjavik, le ministre islandais des Affaires étrangères, Guolaugur Thor Thordarson, s’est quant à lui félicité « d’un accord historique qui marque un tournant dans les relations entre les pays ».

« Le Royaume-Uni est l’un des marchés d’exportation les plus importants de l’Islande et, en raison des liens étroits entre les deux pays, il a été jugé extrêmement important de conclure un futur accord avec le Royaume-Uni à ce stade », a-t-il dit dans un communiqué.

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