Le couple de Vancouvérois vaccinés au Yukon plaide coupable

Rodney et Ekaterina Baker sont accusés d’avoir fait fi des restrictions en entrant au Yukon pour recevoir le vaccin de Moderna. (Ekaterina Baker/Facebook)

Le couple de Vancouvérois qui s’était rendu dans une petite communauté du Yukon pour se faire vacciner en janvier dernier a plaidé coupable d’infraction à la Loi sur les mesures d’urgence civiles du territoire.

Mercredi, Rod et Ekaterina Baker ont reconnu leur culpabilité devant la Cour territoriale du Yukon pour deux accusations : ne pas avoir respecté un formulaire de déclaration d’entrée et ne pas s’être isolé.

Au mois de janvier, ils s’étaient rendus à Beaver Creek, à la frontière avec l’Alaska, où habitent de nombreux citoyens de la Première Nation de White River.

Ils s’étaient alors fait passer pour des employés d’un motel local afin d’obtenir leur première dose de vaccin Moderna contre la COVID-19, à une époque où la vaccination n’était pas disponible pour leur groupe d’âge en Colombie-Britannique et où les populations vulnérables étaient prioritaires.

Ils ont reçu l’amende maximale de 500 $ (par infraction et par personne), avec une majoration de 75 $ pour chacune. En tout, le couple devra donc verser 2300 $, mais il n’aura pas à effectuer de peine de prison qui aurait pu aller jusqu’à six mois.

« Heureusement, aucun dommage physique n’a été répertorié dans ce cas et personne n’a eu la COVID-19 », a noté le juge Michael Cozens en énonçant les peines. Il a tout de même fait valoir que l’action du couple avait causé des dommages psychologiques.

De premiers démêlés avec la justice

Les Baker ne sont pas directement adressés à la cour mercredi, mais leur avocate Jennifer Cunningham a fait savoir qu’ils « s’excusaient sans réserve pour leurs actions ».

L’avocate a affirmé que ce comportement ne ressemblait pas du tout au couple et qu’il n’avait jamais eu affaire à un tribunal avant. Elle a ajouté que Rod et Ekaterina Baker avaient déjà payé cher leur choix en se faisant humilier sur Internet et qu’ils avaient fait un don de 5000 $ à un organisme de charité qui travaille à rendre accessibles les vaccins au plus grand nombre.

La peine rendue par le juge a été soumise conjointement par l’accusation et la défense.

Bien que la procureure de la Couronne Kelly McGill ait noté la très grande « déception » entourant les actions du couple et l’argent qu’elles ont nécessité, elle a aussi admis qu’il ne méritait pas d’aller en prison.

Elle a cité les plaidoyers de culpabilité précoces et la décision du couple de fournir rapidement des tests pour la COVID-19 négatifs à la communauté, afin d’apaiser toute crainte de transmission.

La Première Nation de White River traumatisée

Janet VenderMeer, qui fait partie de la Première Nation touchée, a fait savoir, lors d’une déclaration devant la cour, faite au nom de sa communauté, à quel point celle-ci avait été choquée par cet incident. Elle affirme que certains en ont même perdu le sommeil et ont développé de l’anxiété et un traumatisme.

Jamais nous n’aurions pu penser que quelqu’un puisse tirer avantage de notre situation en tant que petite communauté reculée.Janel VenderMeer, Première Nation de White River

Elle s’inquiète que Beaver Creek, dont l’économie repose en grande partie sur le tourisme, soit maintenant victime de stigmatisation et ne soit plus vue comme un endroit accueillant dans lequel venir passer quelques jours.

À l’issue du verdict, le premier ministre du Yukon, Sandy Silver, a fait connaître sa satisfaction dans un communiqué. Il écrit et affirme que les habitants de Beaver Creek méritent de recevoir des excuses formelles du couple Baker.

Il réaffirme aussi que ceux qui brisent leur isolement mettent tous les Yukonnais en danger et que son gouvernement prend ce genre d’actions très au sérieux.

Avec les informations de Jackie Hong

CORRECTION
Nous avons précédemment attribué, par erreur, ce texte à Samir Bendjafer. La présente version du texte a été corrigée.

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