Les Inuit du Canada pourront reprendre leurs noms traditionnels sur les pièces d’identité

Le gouvernement canadien fournira le service de changement de nom gratuitement pendant cinq ans. (Ivanoh Demers/Radio-Canada)

Depuis lundi dernier, il est possible pour les Inuit et tous les Autochtones du Canada de reprendre leurs noms traditionnels sur les pièces d’identité, y compris les passeports.

Pas moins de trois ministres fédéraux se sont associés pour faire cette annonce. Il s’agit de Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, de Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones, et de Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones.

Le gouvernement canadien a rappelé, par voie de communiqué, qu’en 2015 « l’appel à l’action no 17 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada exhortait tous les ordres de gouvernement à permettre aux survivants des pensionnats et à leur famille de reprendre et d’utiliser leurs noms autochtones sur tous les documents du gouvernement ».

La Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui a siégé entre 2008 et 2015, avait pour but de mettre la lumière sur les sévices subis par les anciens élèves des pensionnats pour Autochtones et les conséquences sur leurs communautés.

Le gouvernement affirme qu’il est allé plus loin que les recommandations de la Commission en étendant « la mesure aux cartes de résident permanent, aux certificats de citoyenneté et à d’autres documents de voyage non seulement pour les survivants des pensionnats et les membres de leur famille, mais bien pour tous les Autochtones ».

Aider les Premières Nations, les Inuit et les Métis à réclamer et utiliser leurs noms autochtones fait partie intégrante du sentier commun vers la réconciliation. Les noms traditionnels sont étroitement liés aux langues et aux cultures autochtones, et ils représentent l’identité et la dignité d’une personne. Ce changement signifie que les peuples autochtones peuvent reprendre avec fierté leur nom, démantelant ainsi le legs du colonialisme et exprimant leur véritable identité aux yeux du monde entier.Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté
Natan Obed, chef de l’Inuit Tapiriit Kanatami, le 3 octobre 2017 (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Natan Obed, le président de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), l’organisation qui représente les Inuit du Canada, s’est réjoui de cette annonce.

Pour de nombreux Inuit, il s’agit d’une décision personnelle liée à l’histoire de la colonisation qui a vu nos noms remplacés par des chiffres, puis remplacés à nouveau, souvent par des fautes d’orthographe intentionnelles destinées à rendre nos noms prononçables pour les habitants du Sud.Natan Obed, le président de l’Inuit Tapiriit Kanatami

Ce dernier a estimé, dans une réponse transmise par courriel à Regard sur l’arctique qu’« aujourd’hui, de nombreux Inuit prennent des décisions pour surmonter cet héritage d’effacement aux mains du gouvernement et des églises. Le soutien du gouvernement fédéral à l’appui de ce processus est essentiel et attendu depuis longtemps ».

Le gouvernement canadien fournira ce service gratuitement pendant cinq ans.

Samir Bendjafer, Regard sur l'Arctique

Samir Bendjafer est détenteur d'un bacalauréat en informatique de l'Université de Bab Ezzouar (Alger) et d'un diplôme en journalisme de l'Université de Montréal. En 1997, il entame sa carrière de journaliste en Algérie en pleine révolution internet dans les journaux , avant le passage au journalisme 2.0 et les médias sociaux. A partir de 2005, Il a travaillé comme correspondant de presse basé à Montréal tout en publiant régulièrement dans les médias locaux montréalais. Sa curiosité et son penchant naturel à aller au-delà des apparences sont à la base de sa passion pour le journalisme.

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