Logement et soutien aux aînés au cœur du débat électoral dans le Grand Nord canadien

La libérale Pat Angnakak, la néo-démocrate Lori Idlout et la conservatrice Laura Mackenzie étaient réunies jeudi dans les studios de CBC à Iqaluit pour un débat exclusivement en inuktitut. (Matisse Harver/Radio-Canada)
À quelques jours du scrutin du 20 septembre, les trois candidates de la circonscription du Nunavut pour les élections fédérales ont comparé les priorités de leur parti lors d’un débat exclusivement en inuktitut ponctué par de nombreuses interventions sur le logement et le soutien aux aînés.

Au lendemain d’un premier débat organisé par la chaîne en langue inuit Uvagut TV, ce face-à-face électoral de 120 minutes organisé par CBC a réuni la libérale Pat Angnakak, la néo-démocrate Lori Idlout et la conservatrice Laura Mackenzie.

Les candidates ont répondu à des questions du public venant des quatre coins du territoire.

Dans l’ensemble consensuel, le débat a davantage pris la forme d’une discussion. « Nous ne sommes pas conflictuelles », a mentionné Laura Mackenzie, en indiquant que la culture inuit ne valorise pas la confrontation.

Cap sur le logement

Le manque de logements est l’un des thèmes qui ont largement guidé le débat. La libérale Pat Angnakak est revenue sur le financement de 360 millions de dollars promis par son parti pour les communautés inuit, en promettant aussi de s’attaquer aux coûts élevés des matériaux de construction pour les résidences du Nord.

« Lorsque j’étais jeune, j’ai fait face à la dure réalité de ne pas avoir de logement, a quant à elle mentionné la candidate Laura Mackenzie. C’est difficile, je suis passée par là. »

Elle a rappelé la promesse du Parti conservateur de construire un million de logements abordables sur trois ans dans l’ensemble du pays. Au Nunavut, elle a d’ailleurs suggéré une collaboration plus étroite entre le gouvernement fédéral et les organisations inuit Nunavut Tunngavik onc. (NTI) et l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) pour lutter contre la crise du logement. « Travailler ensemble est la seule manière d’y arriver », a-t-elle insisté.

La candidate du Parti conservateur, Laura Mackenzie (Matisse Harver/Radio-Canada)

Mettant en doute la qualité de tous les logements promis par les conservateurs, Lori Idlout a notamment souligné que le NPD s’engageait à financer la construction de 500 000 logements abordables sur une période de 10 ans.

Elle a aussi renchéri qu’« elle ne croyait plus » aux promesses libérales et que le financement promis dans le passé se faisait toujours attendre.

« Les libéraux sont au pouvoir depuis six ans et de nombreuses personnes sont toujours sans logement, tandis que d’autres vivent dans une maison qui requiert des réparations importantes », a-t-elle affirmé.

Soutenir davantage les aînés

La nécessité d’offrir un meilleur soutien aux aînés du territoire est un sujet qui a fait l’unanimité chez les trois candidates. Ces derniers doivent régulièrement se rendre dans des villes du sud du pays, dont Ottawa et Edmonton, pour bénéficier de soins qui ne sont pas offerts au Nunavut.

Lori Idlout est la candidate du Nouveau Parti démocratique au Nunavut (Matisse Harver/Radio-Canada)

Laura Mackenzie a affirmé que la situation actuelle était « inacceptable » et que son parti s’engageait à fournir un financement pour « ramener ses aînés chez eux ». « Il faut planifier ce retour, a-t-elle dit. Moi non plus, je ne veux pas avoir à vivre à Ottawa lorsque je serai âgée. »

La candidate libérale a admis qu’il restait encore du travail à faire et que le territoire manque toujours de services spécialisés pour les aînés, notamment pour ceux souffrant de démence.

« Je sais à quel point il est difficile de voir ses êtres chers vivre cela », a indiqué Pat Angnakak. Elle a notamment rappelé que son parti s’engageait à octroyer 9 milliards de dollars sur 5 ans dans les soins de longue durée partout au pays.

Pat Angnakak est la candidate du Parti libéral (Matisse Harver/Radio-Canada)Acquiesçant elle aussi sur la question, la candidate du NPD a affirmé que la construction d’infrastructures pour aînés au territoire devait s’arrimer avec la formation de personnel pour travailler dans ces établissements.

« Si nous nous engageons à garder [les aînés] dans le Nord, alors il leur faudra plus de soutien », a-t-elle poursuivi, en citant une aide financière pour faire face au coût élevé de la vie.

Révision du programme Nutrition Nord

L’insécurité alimentaire est un autre sujet qui a attiré l’attention des candidates. Toutes se sont entendues sur la nécessité de réformer le programme fédéral Nutrition Nord qui vise à réduire le coût des aliments.

Lancé en 2011, le programme Nutrition Nord Canada a pour but de réduire le coût d’aliments sains dans les communautés nordiques isolées. (Nick Murray/CBC)

Pat Angnakak a admis que le programme n’était pas parfait et qu’elle en avait discuté avec le premier ministre sortant et chef du Parti libéral Justin Trudeau. « [Le coût des aliments] est encore très élevé et ce n’est pas normal », a-t-elle reconnu.

Selon Laura Mackenzie, le programme devrait être conçu de sorte à compléter les saisons de chasse au Nunavut, tout en soutenant davantage les familles qui ne comptent pas de chasseurs.

La néo-démocrate Lori Idlout croit à l’inverse que Nutrition Nord devrait soutenir les chasseurs qui subviennent aux besoins de leurs familles.

Matisse Harvey, Radio-Canada

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