L’identité inuit d’une organisation autochtone remise en cause

Nathan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, à droite, regarde le premier ministre Justin Trudeau, à gauche, s’adresser aux membres de son Cabinet et aux membres du Comité de partenariat Inuit-Couronne de l’ICPC, à Ottawa, le vendredi 6 mars 2020. (Fred Chartrand/La Presse Canadienne)

Le Conseil communautaire du NunatuKavut (CCN) voit son identité inuit contestée auprès du gouvernement canadien par l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), la principale organisation représentant les Inuit du Canada.

Dans une lettre datée du 7 octobre et adressée au premier ministre canadien, Justin Trudeau, l’ITK dit ne pas reconnaître « le Conseil communautaire du NunatuKavut en tant qu’organisation inuit ».

L’Inuit Tapiriit Kanatami ajoute que « les quatre organisations territoriales inuit formant l’ITK ne reconnaissent pas, elles aussi, les membres du CCN en tant qu’Inuit ».

L’organisation a dressé un rappel historique sur l’identité du Conseil communautaire du NunatuKavut. « Le CCN est un groupe du sud du Labrador qui était connu pendant des décennies sous le nom du Conseil métis du Labrador et dont les membres ont commencé à s’identifier publiquement comme Inuit en 2010. »

L’appel adressé au gouvernement canadien ne se limite pas aux questions purement identitaires. En filigrane, se dessine aussi l’enjeu du financement.

La cérémonie de signature d’un protocole d’entente entre le gouvernement canadien et le Conseil communautaire du NunatuKavut (CCN) en septembre 2019 pour ouvrir des négociations sur l’autodétermination des Inuit du Labrador. Sur la photo, Todd Russel, président du CCN serre la main à Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones. (Conseil communautaire du NunatuKavut)

L’ITK demande, dans sa lettre au gouvernement canadien « d’exclure le CCN des programmes et des initiatives fédérales spécifiques aux Inuit et de s’abstenir d’inclure les communautés du CCN dans toute future allocation budgétaire fédérale spécifique aux Inuit ».

Dans une entrevue accordée au diffuseur public canadien CBC, le service anglais de Radio-Canada, Natan Obed, le président de l’ITK, résume la situation.  « Au fond, l’histoire est que nous travaillons sur les revendications territoriales au pays depuis les années 1970 et qu’en 2010 un nouveau collectif inuit voit le jour et que les autres régions inuit ne connaissaient tout simplement pas – c’est vraiment une chose difficile à accepter », a-t-il affirmé.

Dans un communiqué publié mercredi en fin d’après-midi, le Conseil a déclaré que l’ITK n’avait « aucune autorité pour refuser aux Inuit du NunatuKavut l’accès aux programmes et services fédéraux dont ils ont tant besoin ».

« C’est épouvantable et répugnant qu’ils choisissent d’écrire une lettre aussi mal informée et discriminatoire au sujet du CCN et de notre peuple et à notre insu », peut-on lire dans le communiqué.

Samir Bendjafer, Regard sur l'Arctique

Samir Bendjafer est détenteur d'un bacalauréat en informatique de l'Université de Bab Ezzouar (Alger) et d'un diplôme en journalisme de l'Université de Montréal. En 1997, il entame sa carrière de journaliste en Algérie en pleine révolution internet dans les journaux , avant le passage au journalisme 2.0 et les médias sociaux. A partir de 2005, Il a travaillé comme correspondant de presse basé à Montréal tout en publiant régulièrement dans les médias locaux montréalais. Sa curiosité et son penchant naturel à aller au-delà des apparences sont à la base de sa passion pour le journalisme.

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