L’Organisation maritime internationale se saisit du problème du carbone noir

Le carbone noir, nom donné aux particules polluantes provenant notamment du fioul lourd qui propulse les navires, se retrouve sur la calotte glaciaire de l’Arctique et contribue à l’accélération de sa fonte. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)
L’Organisation maritime internationale (OMI) s’est emparée du fléau du carbone noir, particules polluantes provenant notamment du fioul lourd qui propulse les navires et contribue à l’accélération de la fonte des glaces à l’issue vendredi d’une semaine de discussions.

L’OMI « encourage les États membres à commencer à s’attaquer à la menace que représentent les émissions de carbone noir » et « les prie instamment, ainsi que les exploitants de navires, d’utiliser des carburants de substitution [plutôt que du fioul lourd, NDLR] lorsqu’ils se trouvent dans l’Arctique ou à proximité ».

Le document publié vendredi est le résultat d’un accord trouvé à l’issue du 77e Comité de la protection du milieu marin (MEPC), un cycle de cinq jours de réunions, commencé lundi entre les membres de cette organisation spécialisée de l’Organisation des Nations unies (ONU).

L’organisation non gouvernementale Clean Arctic Alliance a salué cette décision, mais a exprimé sa déception parce qu’elle considère qu’il s’agit d’« un texte édulcoré, vidé de sa substance afin d’atteindre un consensus et d’apaiser un petit groupe de pays opposés qui se font entendre ».

La Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Angola sont montrés du doigt par l’association de défense de l’environnement.

C’est un « premier pas », a néanmoins reconnu Sian Prior, conseiller principal de Clean Arctic Alliance.

Le carbone noir, nom donné aux particules polluantes provenant notamment du fioul lourd qui propulse les navires, se retrouve sur la calotte glaciaire de l’Arctique et contribue à l’accélération de sa fonte.

« Les mesures prises lors de cette session sont vraiment importantes, surtout après la COP26 », a dit le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, Kitack Lim, en conclusion du MEPC 77.

« Il sera crucial de renforcer l’ambition de la stratégie initiale de l’OMI en matière de gaz à effet de serre », a-t-il ajouté, un sujet débattu au cours de la semaine, mais reporté au prochain MEPC.

La banquise se rompt au passage du brise-glace finnois MSV Nordica qui traverse le passage du Nord-Ouest dans le détroit de Victoria, dans l’archipel arctique canadien, en juillet 2017. (Associated Press/David Goldman)

L’organisation spécialisée de l’ONU s’est engagée à garantir une réduction de 40 % de l’intensité carbone de l’industrie qu’elle encadre d’ici 2030 par rapport à 2008, mais cherche à se donner des objectifs à long terme plus ambitieux.

Durant cette semaine de travail, l’OMI a par ailleurs écarté la création d’un fonds consacré à la recherche et au développement, défendu par les industriels.

Plusieurs organisations internationales du transport maritime portent, depuis la fin de 2019, la création d’un fonds pour l’innovation, financé par une taxe sur le carburant, afin de conduire des projets pour réduire l’empreinte carbone du secteur.

La Chambre internationale du transport maritime (ICS), qui dit représenter 80 % de la flotte marchande mondiale, a regretté dans un communiqué publié vendredi une « occasion manquée ».

Le transport maritime représente de 2 % à 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar), soit davantage que le transport aérien.

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