Les différentes variétés de pinsons arctiques sont une seule et même espèce, dévoile une étude

L’étude révèle que, génétiquement parlant, les pinsons arctiques ne sont pas une espèce multiple. (Sophie Caron/iStock)
Les pinsons arctiques sont un casse-tête pour bon nombre d’ornithologues qui tentent souvent de les identifier pour les classifier. Une incertitude tout à fait normale selon une récente étude de l’Université du Colorado puisque les différentes espèces sont en fait toutes identiques.

L’étude, publiée dans la revue Nature Communications, révèle que génétiquement parlant les pinsons arctiques ne sont pas une espèce multiple. Au contraire, les trois variétés reconnues par les experts ne sont qu’une seule espèce dotée d’un « supergène » qui contrôle les différences de couleur du plumage et de morphologie, ce qui leur donne un aspect différent.

Les scientifiques se doutaient déjà que les pinsons arctiques n’étaient qu’une seule et même espèce, mais n’avaient jusqu’ici jamais eu l’occasion de le prouver.  Les dernières avancées technologiques en matière de génétique ont permis aux chercheurs de l’Université du Colorado d’examiner le génome complet des différentes espèces. Ils ont alors constaté que ce qui signifie généralement des sous-espèces différentes chez les oiseaux ne s’applique pas aux pinsons arctiques.

« Nos analyses montrent clairement qu’il existe un flux génétique généralisé dans le génome du pinson, à l’exception de cette région, et il se trouve que cette région a une influence sur son apparence », a déclaré Scott Taylor, professeur adjoint au Département de biologie et auteur de l’étude.

« Et les sizerins ne sont pas les seuls à posséder ces supergènes. De nombreuses espèces, d’autres oiseaux à certains types de souris, sont désormais connues pour posséder ces supergènes. »Scott Taylor, professeur adjoint au Département de biologie et auteur de l'étude

On apprend dans le document que le pinson arctique est un type de « sizerin d’hiver », c’est-à-dire un oiseau qui vit dans les régions les plus septentrionales du globe et qui ne vole vers le sud que sporadiquement. Les experts se sont concentrés sur des populations vivant au Groenland, en Islande et dans certaines zones de la Scandinavie.

« Bien qu’ils soient connus pour leur marque rouge caractéristique sur la tête, l’apparence au sein de l’espèce peut varier considérablement, certains sizerins étant blancs avec un petit bec et d’autres ayant un bec plus large et plus foncé », stipule l’étude.

De plus, les ornithologues ont d’abord pensé que ces différences correspondaient à trois espèces distinctes de l’oiseau – comme c’est le cas pour de nombreuses autres espèces d’oiseaux – mais ces « espèces » peuvent être difficiles à différencier.

« Les pinsons ont longtemps été source de confusion taxonomique, et nous n’avons l’occasion de les voir qu’une fois de temps en temps en hiver, raconte M. Taylor. Ce n’est pas un oiseau que vous êtes assuré de voir à votre mangeoire. Alors, quand cela arrive, les gens sont fébriles, et ils veulent savoir ce qu’ils observent. »

Les chercheurs savent maintenant que ces pinsons sont tous de la même espèce même s’ils n’arrivent toujours pas à expliquer pourquoi ils ont des apparences différentes les uns des autres.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

Laisser un commentaire

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette.
Nétiquette »

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.