Dans le Grand Nord canadien, l’eau du robinet est à nouveau consommable à Iqaluit

La crise de l’eau durait depuis presque deux mois à Iqaluit. (David Gunn / CBC)

L’eau potable d’Iqaluit est à nouveau potable, deux mois après qu’une contamination aux hydrocarbures l’ait rendue impropre à la consommation.

En début de soirée vendredi, le ministère de la Santé a annoncé par communiqué la levée de l’interdiction de consommer l’eau du robinet à Iqaluit.

« Les analyses et les évaluations approfondies effectuées au cours des huit dernières semaines indiquent que l’eau est propre à la consommation et que le risque de contamination est faible », affirme, par écrit, le médecin hygiéniste en chef du territoire, Michael Patterson.

Ce dernier remercie les habitants pour leur patience et reconnaît que les dernières semaines ont été difficiles.

Kenny Bell, le maire d’Iqaluit, avoue que cette nouvelle est comme un poids en moins et se dit particulièrement content pour les employés municipaux qui, de façon bénévole, ont organisé les distributions d’eau jusqu’à présent.

L’état d’urgence a été déclaré après qu’un réservoir de l’usine de filtration de l’eau d’Iqaluit eut été contaminé par des hydrocarbures, à la mi-octobre.

Même si les résultats des analyses de l’eau de la ville sont négatifs depuis le 21 octobre, le gouvernement territorial a refusé de lever l’interdiction de consommer de cette eau.

Nouveaux appareils de surveillance de l’eau

« De nouveaux appareils de surveillance ont été installés, le site a été assaini, les réservoirs ont été nettoyés et de nouvelles procédures ont été mises en place pour prévenir et répondre à d’éventuels incidents », dit le document.

Le maire d’Iqaluit, Kenny Bell (David Gunn / CBC)

Kenny Bell précise que les nouveaux appareils de détection des hydrocarbures vont analyser l’eau avant son traitement à l’usine et après, ce qui devrait donner confiance aux plus réticents sur la qualité de cette dernière.

Nous serons le premier endroit au Canada à avoir deux systèmes sur notre source d’eau, ce qui est probablement un peu exagéré. Mais en même temps, nous avons eu un problème et nous devons nous assurer que cela ne se reproduira pas.Kenny Bell, maire d’Iqaluit

Le communiqué note toutefois que les habitants pourraient sentir une odeur résiduelle de carburant en ouvrant leur robinet. Celle-ci devrait néanmoins se dissiper après que l’eau aura coulé pendant une vingtaine de minutes ou avoir retiré puis nettoyé le dispositif d’aération.

Si cela n’est pas le cas, les habitants sont priés de communiquer avec la Ville, en utilisant la ligne d’assistance concernant l’eau potable au 867 979-5603, qui restera accessible jusqu’à « nouvel ordre ».

Si le maire ne sait pas encore exactement quand vont s’arrêter les distributions d’eau et quand pourront rouvrir les établissements fermés à la suite de la crise (comme le centre aquatique), cela devrait se produire très rapidement, dit-il avec espoir.

Kenny Bell avoue que les dernières semaines ont vraiment été difficiles. « Je suis content que les employés de la mairie puissent enfin prendre du temps pour dormir un peu. »

Des commerçants qui soufflent

Pour les commerçants de la ville, cette annonce est le synonyme d’un retour aux affaires.

Jason Oldham, le gérant de la brasserie NuBrew, croit qu’il était plus que temps que l’eau du robinet soit de nouveau consommable. « Nous étions sur le point de manquer d’eau parce que nous avons utilisé notre stock, donc nous étions en train de travailler pour obtenir différentes sources d’eau potable. »

Il admet que les huit dernières semaines ont été éprouvantes parce que la bière est composée à 95 % d’eau. Avec les quantités disponibles limitées, son équipe a donc dû se restreindre sur la production.

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La microbrasserie NuBrew d’Iqaluit a dû composer avec de nombreux défis pendant l’interdiction de consommer l’eau municipale. (Angela Hill / Radio-Canada)

En fin de compte, il sent qu’il peut maintenant souffler.

C’est bien de ne pas avoir à s’inquiéter de la provenance de l’eau.Jason Oldham, gérant de la brasserie NuBrew

Ali Mahmoud, copropriétaire de l’épicerie et restaurant à emporter Hunter’s Market est content lui aussi, mais il ne cache pas qu’il continue à s’interroger. « Vous avez quelque chose dans un coin de votre tête qui vous fait vous demander si tout est complètement sûr maintenant. »

La période a été difficile à gérer pour lui aussi, car dit-il, il a dû parcourir la ville pour trouver de l’eau, puisque la plupart des distributions étaient réservées pour la consommation personnelle. Pour autant, il ne blâme pas la municipalité pour cet évènement « malheureux ».

Nous avons survécu et ça a été.

Avec des informations de Jackie Mckay et Matisse Harvey

Laureen Laboret, Radio-Canada

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