Une étude révèle que les narvals souffrent des bruits causés par l’activité humaine en Arctique

Une nouvelle étude examine les effets du bruit créé par l’activité humaine en Arctique sur les comportements des narvals. (Paul Nicklen/WWF)
L’activité humaine de plus en plus grandissante en Arctique menace la survie des narvals. Une nouvelle étude pointe du doigt les bateaux de croisières, les canons à air utilisés par les navires à la recherche de pétrole et de gaz dans les fonds marins ainsi que les explosions de mines.

Les scientifiques rappellent que le narval (ou licorne des mers) qui se déplace par écholocalisation est une espèce difficile à étudier puisqu’elle ne vit que dans les zones à proximité du pôle Nord qui est souvent recouvert de glace. Mais l’équipe de chercheurs a tout de même réussi à suivre un groupe de ces cétacés dans la région de Scoresby Sound, située à l’est du Groenland.

Avec un navire stationné dans un fjord, des chercheurs de l’Université de Copenhague au Danemark et de l’Institut des ressources naturelles du Groenland ont émis toutes sortes de bruits provenant à la fois du moteur et d’un canon à air.

Les experts ont constaté que les baleines à défense sont affectés jusqu’à une distance de 40 kilomètres. Ils ont aussi remarqué des changements de comportements inquiétants comme celui d’arrêter d’émettre les « clics » dont ils ont besoin pour se nourrir. La pollution sonore affaiblit les facultés du narval à pouvoir chasser et donc trouver de la nourriture, indique l’étude.

Une expèce quasi menacée d’extinction

Plusieurs narvals observés dans l’étude publiée dans la revue spécialisée anglaise The Royal Society ont également cessé de plonger en profondeur ou de nager proche des côtes. « Ils ont ce genre de comportements seulement lorsqu’ils se sentent menacés par les orques, a déclaré aux médias Outi Tervo, chercheur et biologiste marin. « Ce comportement signifie qu’ils n’ont aucune chance de trouver de la nourriture tant que le bruit persiste. »

Après une semaine de tests, les scientifiques ont noté que les baleines ont repris un comportement normal. On sait que l’Arctique qui se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète pose un gros défi pour les narvals qui vivent principalement autour du Groenland, du nord-est du Canada, du Svalbard en Norvège et du nord de la Russie. Notons que 90 % de la population mondiale de narvals passe l’été en eaux canadiennes.

Selon un dernier rapport du North Atlantic Marine Mammal Commission, une organisation intergouvernementale régionale destinée à la conservation et à l’étude des mammifères marins en Atlantique Nord, les populations de narvals de l’est du Groenland seraient proches de l’extinction avec seulement 1000 individus encore vivants.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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