Dans le Grand Nord canadien, une école francophone va ouvrir au Yukon dès la rentrée prochaine

Pour la première fois, une école francophone va ouvrir ses portes à Dawson, petite ville d’environ 1500 habitants. (Vincent Bonnay/Radio-Canada)
La Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) va lancer un programme scolaire en français à Dawson à la prochaine rentrée.

Amélie Morin n’en revient pas.

« On va avoir une école francophone à Dawson! Ça fait moins d’un an que la conversation a commencé », s’exclame la mère de famille.

Elle se souvient que, l’été dernier, elle a été prévenue par une amie que la CSFY avait publié une annonce pour savoir s’il y avait des familles francophones qui seraient intéressées par des ressources et des programmes en français pour leurs enfants.

« J’ai commencé juste en écrivant un courriel en demandant quelles étaient les options, dit Amélie Morin. Après ça, j’ai rassemblé d’autres familles pour faire une liste de nos demandes. »

Elle explique que les demandes concernaient « des programmes après l’école, des camps d’été ou de vacances et d’augmenter ce qui était fait à l’École Robert Service », mais que les attentes ont été largement dépassées avec l’ouverture d’une école francophone.

On ne s’attendait pas à ça, pas du tout.Amélie Morin, mère de famille

Les enfants d’Amélie Morin, Luca et Olive Dewell, feront partie des premiers élèves qui découvriront la nouvelle école francophone de Dawson. (Amélie Morin)

Ses deux enfants Olive et Luca, âgés de 3 et 6 ans, « vont pouvoir parler en français, avoir une connexion avec leur culture francophone », se réjouit la mère de famille, originaire de l’Île-du-Prince-Édouard et du Québec, qui habite depuis plus de 10 ans à Dawson.

« Le fruit d’une belle collaboration »

Olive et Luca ne seront pas seuls.

Marc Champagne, le directeur de la Commission scolaire, raconte que, dans un premier temps, trois familles ont contacté la CSFY, puis 12 de plus. « Très rapidement on a réalisé qu’on avait probablement les nombres suffisants pour faire avancer un projet, dit-il. Maintenant, ce sont 18-19 familles qui seraient impliquées et, potentiellement, une trentaine d’élèves qui pourraient s’asseoir sur les bancs de la nouvelle école. »

S’il est conscient de la présence d’une communauté francophone à Dawson, ce qui le surprend, c’est le nombre d’élèves possibles, qui s’avère être « une très belle surprise ».

Le projet n’est pas nouveau

« On pense à Dawson depuis de nombreuses années », indique Marc Champagne, en ajoutant que l’on peut trouver dans les archives de la Commission scolaire la mention d’un intérêt de parents dès 2004.

Ce n’est toutefois qu’après avoir signé l’entente avec le gouvernement, en mars 2020, et une fois que le projet de l’École CSSC Mercier, à Whitehorse, « prenait son envol », que les commissaires ont cherché à mieux connaître les besoins à l’extérieur de la capitale yukonnaise, explique Jean-Sébastien Blais, le président de la Commission scolaire francophone du Yukon.

Il voit ainsi dans l’ouverture de ce nouvel établissement, « le fruit d’une belle collaboration entre le gouvernement du Yukon et la CSFY ».

D’après Jean-Sébastien Blais, la demande de permission d’aller de l’avant avec un projet d’école à Dawson a été déposée auprès de la ministre de l’Éducation le 17 février et a reçu une réponse positive dès le 21 mars.

« On était vraiment heureux de ne pas avoir eu à débattre du besoin, dit-il. On se rendait compte qu’au ministère de l’Éducation, ils valorisaient le travail de recherche, d’analyse qu’on avait fait. »

Dès le 28 mars, une réponse suivait, au sujet du budget, affirmant que la CSFY sera soutenue financièrement pour cette nouvelle école.

Ça prouve que ce n’est pas parce qu’on veut construire quelque chose pour les francophones qu’il faut nécessairement se battre.Jean-Sébastien Blais, président de la CSFY

Il reste encore des « défis importants » avant que l’école ouvre ses portes en août prochain.

Marc Champagne était encore à Dawson la semaine dernière pour de nombreuses rencontres et visites afin de trouver le bâtiment de la nouvelle école. Il espère finaliser le choix d’ici une à deux semaines. Les deux postes d’enseignants, dont l’un qui aura aussi la charge de la direction, sont également ouverts à candidature.

Marc Champagne a été à Dawson pour rencontrer les familles francophones et leur annoncer l’ouverture de la nouvelle école. (Marc Champagne)

C’est un lancement à grande vitesse, qui entraînera « un printemps chargé », admet Jean-Sébastien Blais, mais qui en vaut la peine. « On ne peut pas passer à côté de l’occasion qui nous est donnée de remplir notre mandat vraiment de manière adéquate » à des ayants droit qui l’attendent et qui « méritaient plus que l’école Nomade ».

D’ici là, et malgré le court délai avant la rentrée des classes, la CSFY souhaite lancer cette école de la meilleure des manières.

On est très conscient qu’on propose de démarrer un programme sur les terres de la Première Nation Trondëk Hwëch’in et, pour nous, c’est extrêmement important de bien faire les choses.Marc Champagne, le directeur de la CSFY

Des réunions se sont déjà tenues et d’autres sont à venir pour « être partenaire avec eux », et ainsi bénéficier de « leur soutien et de leurs services, comme ils le font avec l’École Robert Service, en lien avec leur culture, leur langue ».

L’école devrait démarrer avec deux classes, soit une maternelle 4 et 5 ans ensemble et une de 1re-2e année. Il serait possible d’y rajouter la 3e année, explique M. Champagne qui dit compter « 13 préinscriptions pour ces niveaux ».

Vincent Bonnay, Radio-Canada

Vidéojournaliste au Yukon pour Radio-Canada

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