Au Canada, l’Inuit Nunangat obtient un statut distinct grâce à une nouvelle politique

Natan Obed, le président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, et Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, affirment que la nouvelle Politique sur l’Inuit Nunangat est un pas vers la réconciliation. (Michael Cole/CBC)
Des représentants inuit et des ministres fédéraux ont annoncé jeudi avoir approuvé la Politique sur l’Inuit Nunangat (PIN) qui vise à reconnaître la région comme géographiquement, culturellement et politiquement distincte et à intégrer ses intérêts dans les décisions d’Ottawa.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, décrit la politique comme la première de son genre. « Cette politique historique vise à s’assurer que les priorités des Inuit soient incorporées dans les initiatives fédérales qui ont un impact sur les Inuit et l’Inuit Nunangat. »

Inuit Nangat signifie « l’endroit où vivent les Inuit » et réfère à une région qui englobe l’Inuvialuit (qui recoupe une partie des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon), le Nunavik (Nord du Québec), le Nunatsiavut (au Labrador) et le Nunavut.

Cette annonce vise à transformer les iniquités systémiques qui se produisent au sein du gouvernement et qui font que des décisions sont prises au sujet du nord sans inclure les Inuit dans ces décisions.Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Pour soutenir la Politique sur l’Inuit Nunangat, le gouvernement s’engage à lui accorder 25 millions de dollars sur 5 ans. De cette somme, 20 millions seront destinés à des projets visant à accélérer la mise en œuvre de la Politique conformément aux priorités des Inuit.

Le premier ministre Justin Trudeau ne manque pas de rappeler que cet argent était dû depuis longtemps.

Un acte de réconciliation

Natan Obed, le président de l’organisme Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), se réjouit pour sa part de ce pas en avant sur le chemin de la réconciliation.

« Parfois, sur le chemin de la réconciliation, il y a des jours où l’on présente des excuses, des jours où l’on investit des fonds importants qui apportent l’équité aux communautés inuit… et d’autres fois […] où l’on crée des changements systémiques à travers la bureaucratie et les ministères fédéraux. Cette politique permet que cela se produise. »

L’Inuit Nunangat comprend le nord du Labrador (Nunatsiavut), du Québec (Nunavik), des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon (Inuvialuit), ainsi que l’intégralité du Nunavut. (Atlas des peuples autochtones du Canada)

Natan Obed rappelle que chaque jour le gouvernement prend des décisions qui concernent les Inuit, les Métis et les Premières Nations, que cela soit en lien avec des programmes, des lois ou des affaires judiciaires. La Politique sur l’Inuit Nunangat servira donc de référence de base pour les fonctionnaires dans les prises de décisions.

Nous nous attendons désormais à ce que les ministères fédéraux et ceux qui doivent travailler sur les questions inuit et qui ont des considérations inuit dans leurs portefeuilles aient une base de connaissances. Et nous pourrons construire sur cette base au lieu de repartir à neuf avec chaque ministère.Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami

Selon lui, cela permettra au gouvernement de prendre de meilleures décisions qui respectent à la fois l’autodétermination des Inuit et leur place dans la Constitution. Il rappelle qu’une telle politique est nécessaire, car son peuple, contrairement aux Métis ou aux Premières Nations, n’a pas sa place dans la Loi sur les Indiens, et a donc une façon d’interagir avec la couronne qui est différente de celle utilisée par les autres Autochtones au Canada.

Souveraineté dans l’Arctique

Pour les deux leaders, la reconnaissance de l’Inuit Nunangat vient asseoir la souveraineté du Canada dans l’Arctique.

Natan Obed rappelle que les Inuit sont la fondation de cette souveraineté, ayant habité la région depuis des milliers d’années.

Une vision que partage Justin Trudeau qui explique que le Canada est en pleine réflexion sur comment réaffirmer sa place dans l’Arctique et que celle-ci ne doit pas seulement se faire en consultation et en partenariat avec les Inuit.

« Nous devons nous demander : « Si nous allons construire une nouvelle piste d’atterrissage ici, est-ce que cela va correspondre aux priorités des Inuit et à leur développement économique? Comment faire des investissements qui renforcent et valorisent les personnes qui ont toujours défendu ces terres. » C’est l’approche que nous mettons en avant aujourd’hui. »

Avec des informations de La Presse canadienne

Laureen Laboret, Radio-Canada

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