Sur les traces du castor, qui se répand toujours plus au nord

Les castors sont de plus en plus nombreux à s’établir dans le nord du continent nord-américain. (NWLpixs/iStock)
Des chercheurs canadiens et britanniques étudieront dans le détail les différents impacts de l’agrandissement de l’aire de répartition des castors vers le nord du continent nord-américain.

Ces dernières décennies, le castor a essaimé bien au-delà de la zone arborée, en Alaska, au Yukon, aux Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut et au Nunavik.

L’équipe multidisciplinaire, menée par Philip Marsh, de l’Université Wilfrid-Laurier, et Helen Wheeler, de l’Université Anglia Ruskin, se penchera à la fois sur les modifications des cours d’eau provoquées par le déplacement du castor, les changements aux écosystèmes, les effets sur les populations de poissons et les impacts sur les communautés locales qui vivent dans ces régions du Grand Nord. 

La colonisation des territoires arctiques par l’emblématique rongeur serait attribuable en partie aux changements climatiques. 

Le Canada se réchauffe, en moyenne, à un rythme deux fois plus élevé que le reste de la planète, et le nord du pays se réchauffe encore plus rapidement, selon Environnement Canada. 

La migration des castors vers le nord va de pair avec le « verdissement de l’Arctique », soit l’apparition de mousses, de lichens, puis d’arbustes là où il n’y avait pratiquement rien auparavant. On voit ensuite apparaître de premiers arbres. Cela fournit un habitat favorable au castor.

Des chercheurs ont aussi avancé que la réduction du piégeage des castors au fil des décennies pourrait contribuer à ce phénomène d’expansion de la répartition du rongeur. 

Des répercussions majeures

En construisant des barrages, les castors créent des étangs et détournent des rivières, ce qui peut entraîner une réduction importante des populations de poissons sur lesquels comptent les communautés locales, expliquent les chercheurs. La présence du castor crée en fait une cascade de changements majeurs qui se répercutent dans tout l’écosystème.

Les étangs créés par les castors contribuent également à faire fondre le pergélisol. Ainsi, les microorganismes présents dans le sol se mettent à décomposer de la matière auparavant inaccessible, entraînant le rejet de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère, deux importants gaz à effet de serre.

Jusqu’ici, les études sur le déplacement du castor s’étaient faites essentiellement avec de l’imagerie par satellite.

Maintenant, les chercheurs iront sur le terrain et collaboreront de façon étroite avec les populations locales pour documenter le phénomène et comprendre ses répercussions.

« Nous serons en mesure d’étudier les effets complexes des changements environnementaux rapides [provoqués par l’arrivée du castor] d’une manière véritablement interdisciplinaire, en réunissant des experts en changement de la faune, en hydrologie, en biogéochimie, en écologie et en bien-être humain. J’ai vraiment hâte de mener des travaux de terrain dans la région cet été », affirme la zoologue Helen Wheeler, dans un communiqué.

Les travaux se concentreront dans la région désignée des Inuvialuit, dans le nord des Territoires du Nord-Ouest.

Ce projet de recherche fait partie des 13 projets qui ont obtenu du financement dans le cadre du Programme de recherche Canada-Inuit Nunangat-Royaume-Uni dans l’Arctique.

« Ce projet se fait en étroite collaboration avec des partenaires inuvialuit et des membres de la communauté. Ensemble, nous créerons des outils et une infrastructure qui existeront bien au-delà de la durée du projet », mentionne la chercheuse, précisant que les communautés pourront ainsi suivre à long terme l’évolution de la présence du castor dans la région.

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