Un proche conseiller de Poutine demande à renforcer la frontière entre la Russie et les pays nordiques

Un poste frontalier entre la Finlande et la Russie à Salla, dans le nord de la Finlande (Jussi Nukari/Lehtikuva via AP)
Nikolaï Patrushev, le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie et ancien directeur du FSB, demande à ce que plus de ressources soient déployées le long de la frontière nord-ouest de la Russie pour assurer une meilleure sécurité « compte tenu des nouvelles menaces, dont l’éventuelle entrée de la Finlande et de la Suède dans l’Alliance de l’Atlantique Nord ».

C’est ce qui ressort d’une réunion tenue la semaine dernière à Kaliningrad, l’enclave russe sur la côte de la mer Baltique, où M. Patrushev s’est entretenu avec des représentants des autorités, des gouverneurs et d’autres responsables de la région du nord-ouest de la Russie.

« Dans le cadre de la formation de nouvelles menaces en raison de l’éventuelle entrée de la Finlande et de la Suède dans l’OTAN, de la réduction de la coopération transfrontalière entre les pays européens avec notre pays, et également en raison de l’absence de démarcation officielle de la frontière d’État entre la Russie et l’Estonie, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour améliorer les forces et les moyens d’assurer la protection de la frontière d’État », a déclaré Patrushev, dont les propos ont été rapportés par l’agence Interfax.

La Finlande partage une frontière de 1340 km avec la Russie, dont une grande partie est située dans l’Arctique. 

Rappelons que l’Estonie dispute à la Russie une petite portion de territoire le long de leur frontière commune, en vertu d’un traité signé il y a 100 ans, ce que la Russie ne reconnaît pas. Cet État balte et la Russie sont séparés par une frontière longue de près de 300 km. La Russie est aussi bordée par la Lettonie, sur 217 km. Finalement, dans l’extrême nord-ouest, la Russie et la Norvège sont séparées par une frontière longue de 196 km.

Le conseiller du président, que certains considèrent comme un successeur potentiel de Vladimir Poutine au Kremlin, veut mettre en place des mesures incitatives pour que la population locale prenne part à la protection des frontières.

« J’attire l’attention des dirigeants des régions frontalières de la Fédération sur des incitations matérielles pour les résidents qui fournissent une assistance volontaire aux agences frontalières du Service fédéral de sécurité dans l’exécution des tâches de protection de la frontière d’État », a-t-il affirmé, toujours selon Interfax.

Le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, Nikolaï Patrushev, lors d’une conférence à Moscou en juin 2021 (Alexander Zemlianichenko/AP)

Selon lui, les équipements aux points de contrôle doivent rapidement être modernisés, car « actuellement, seuls 11% des points de contrôle sont conformes aux exigences réglementaires ».

Cela, d’après M. Patrushev, passe par l’intensification du « développement de systèmes automatisés de contrôle des passeports et des douanes et d’autres types de contrôle, et plus largement des nouvelles technologies numériques ».

Aucun autre détail n’a été donné concernant les moyens qui pourraient être déployés aux frontières.

Se tourner vers les « pays amis »

Aussi présent à la réunion, le gouverneur de Mourmansk, Andreï Tchibis, a déploré l’état actuel des relations entre la Russie et les pays nordiques, qu’il attribue aux décisions européennes, et sans faire référence à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« Nous avons toujours été ouverts au dialogue et à la coopération. Nous avons construit une coopération étroite et des relations de bon voisinage avec les pays scandinaves. Cependant, maintenant, à l’initiative de la partie européenne, la plupart des projets communs ont été suspendus », a-t-il écrit sur son compte VKontakte, à la suite de la réunion de Kaliningrad. 

« Certains mécanismes fonctionnent encore, mais nous reconstruisons l’économie de la région dans les nouvelles réalités. Nous travaillons activement avec des partenaires de pays amis », ajoute-t-il. 

Mardi, l’obstacle du veto de la Turquie à l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’OTAN a été levé. Le processus d’adhésion des deux pays nordiques pourra suivre son cours, ce que Moscou dénonce haut et fort et considère comme une « menace » à sa sécurité.

L’OTAN a par ailleurs défini mercredi, lors de son sommet à Madrid, sa nouvelle stratégie centrée autour de la Russie qui établit cet État comme étant la principale menace à la sécurité des pays de l’Alliance. Les États-Unis ont quant à eux annoncé le déploiement de nouvelles troupes sur le territoire européen.

La semaine dernière, Nikolaï Patrushev a averti la Lituanie que la Russie pourrait répliquer après que le pays, membre de l’Union européenne, a mis en place des restrictions pour certaines marchandises transitant vers l’enclave de Kaliningrad.

Et mercredi, Moscou a accusé la Norvège de bloquer le transit de marchandises à destination des Russes installés sur l’archipel arctique norvégien du Svalbard et a menacé Oslo de représailles.

Avec les informations de The Independent Barents Observer

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