Le représentant russe au Conseil de l’Arctique met en garde contre un élargissement de l’OTAN dans le Nord

Sept pays circumpolaires ont déclaré conjointement en mars qu’ils ne participeraient plus aux travaux du Conseil de l’Arctique. (Jouni Porsanger/ministère finlandais des Affaires étrangères)
La question de l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN pourrait entraîner « des ajustements » au développement de la coopération dans l’Arctique, a dit le représentant russe au Conseil de l’Arctique, Nikolay Korchunov.

M. Korchunov a lancé cet avertissement lors d’une conférence de presse à Moscou cette semaine, des propos rapportés par l’agence de presse d’État Ria Novosti.

« Évidemment, il faut comprendre qu’un changement dans le statut militaro-politique des pays peut, bien sûr, apporter certains ajustements au développement de la coopération dans les hautes latitudes. Le temps nous dira ce que seront [ces ajustements] », a déclaré M. Korchunov, qui est ambassadeur russe pour la coopération internationale dans la région arctique et président des hauts fonctionnaires de l’Arctique.

« La question de l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Alliance atlantique doit être considérée, y compris sous l’angle de la manière dont elle contribuera à renforcer la confiance entre les pays arctiques et les institutions publiques », a-t-il poursuivi.

La Finlande et la Suède ont soumis cette semaine leurs demandes respectives d’adhésion à l’OTAN, une décision précipitée par la guerre en Ukraine. Moscou a déjà averti qu’il y aurait des « conséquences » pour ces deux pays nordiques et pour la sécurité européenne s’ils se joignaient à l’Alliance atlantique.

L’avenir du Conseil de l’Arctique

Le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental traitant des enjeux rencontrés par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et par les peuples autochtones de la région. Les membres sont l’Islande, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande, le Canada, les États-Unis et la Russie.

À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie fin février, les sept autres membres du Conseil de l’Arctique ont décidé de suspendre les travaux de l’organisation, début mars. Les sept condamnaient « l’invasion non provoquée de l’Ukraine par la Russie » et soulignaient « les graves obstacles à la coopération internationale, y compris dans l’Arctique, que soulèvent les actions de la Russie ».

La Russie préside le Conseil depuis mai 2021. La Norvège prendra le relais en 2023.

La Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie coopèrent depuis des décennies dans l’Arctique et les populations des régions nordiques de ces pays entretiennent des liens qui font fi des frontières étatiques.

Dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères à la mi-mars, M. Korchunov mentionnait que le programme de Moscou dans l’Arctique se poursuivait, malgré la mise sur pause des réunions du Conseil de l’Arctique, mais avec une réorientation plus nationale.

« Tous les événements de la présidence russe, à l’exception des réunions officielles du Conseil de l’Arctique et de ses organes subsidiaires, devraient se tenir conformément au calendrier approuvé. Dans le cadre du « gel » de l’interaction avec les pays membres du Conseil, la présidence russe sera réorientée pour aborder les objectifs nationaux de développement de ses territoires du Nord avec une combinaison équilibrée des dimensions sociales, économiques et environnementales », pouvait-on lire.

En avril, le président russe Vladimir Poutine a réitéré que le développement de l’Arctique russe était une priorité, et qu’il était vital d’y développer les infrastructures pour créer notamment de nouveaux débouchés aux énergies fossiles du pays et contourner ainsi les sanctions occidentales.

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