La Russie mise sur le développement dans l’Arctique pour contrer les sanctions

Un brise-glace au port de Sabetta dans le Grand Nord russe, en mai 2016. (Kirill Kudryavtsev/AFP/Getty Images)
Dans une allocution vidéo prononcée devant ses ministres mercredi, le président russe, Vladimir Poutine, a réitéré que le développement d’infrastructures dans l’Arctique russe était une priorité, pour créer notamment de nouveaux débouchés aux énergies fossiles du pays et contourner ainsi les sanctions occidentales.

« Vous savez que maintenant, à la suite des actions de pays hostiles, un certain nombre de chaînes de transport et de logistique ont été perturbées. Certaines entreprises étrangères ne remplissent pas totalement ou pas du tout leurs obligations contractuelles », peut-on lire dans une transcription traduite du discours du président prononcé par visioconférence, depuis Moscou.

« Bien sûr, dans la situation actuelle, cela nous crée certaines difficultés, mais nous avons toutes les ressources et toutes les opportunités pour trouver rapidement des solutions alternatives, et à terme renforcer encore notre indépendance vis-à-vis des facteurs extérieurs. Une tâche extrêmement importante », poursuit-il.

Le président demande que la construction en cours de la Voie ferrée longitudinale Nord, dans la région de la péninsule de Yamal, soit une priorité. Ce chemin de fer servira à transporter essentiellement du pétrole et du gaz liquéfié, qui peuvent être ensuite exportés par bateau.

Ceci « est d’une importance fondamentale compte tenu de la réorientation de nos principales ressources d’exportation vers l’Est », ajoute le maître du Kremlin.

Investir malgré les sanctions

Une grande partie des ressources pétrolières, gazières et minières russes sont extraites du nord du pays, notamment de la Sibérie occidentale. Des terminaux méthaniers ont été construits ces dernières années dans la région, notamment ceux de Yamal LNG et d’Arctic LNG 2 (un projet toujours en cours), où ont investi aussi de grandes entreprises européennes et chinoises.

Or, les sanctions occidentales mettent à mal cette filière, car elle nécessite des investissements et des équipements produits à l’extérieur de la Russie qui font l’objet d’un embargo, à la suite de l’invasion russe en Ukraine.

Le président Poutine insiste aussi sur l’importance de développer  « la route maritime du Nord », ce qui comprend « la création d’une infrastructure portuaire et de sauvetage moderne, des systèmes de surveillance et de communication par satellite » ainsi que la construction de bateaux méthaniers dans l’Arctique et de brise-glaces. « La substitution des importations et la localisation de la production de d’équipements [maritimes et portuaires] en Russie » est une autre nécessité pour le président.

Selon lui, les sanctions compliquent les choses en Russie, mais les mesures nuisent avant tout aux Européens, qui n’ont pas d’autre option que le gaz russe pour leurs besoins énergétiques dans l’immédiat. 

Rappelons que les États-Unis ont décidé de ne plus importer de pétrole, de gaz ou de charbon russes. Le Royaume-Uni s’est rangé du même côté pour ce qui est du pétrole russe, une interdiction qui entrera en vigueur d’ici la fin de l’année. Mais les pays européens ne s’entendent toujours pas pour ce qui est d’un embargo sur le gaz russe, qui représente 40 % de leurs importations de gaz.

Dans une allocution télévisée jeudi, le président est d’ailleurs revenu sur la question des exportations de gaz naturel vers l’Asie et notamment la Chine. Il a déclaré que la Russie allait réorienter ses exportations énergétiques vers l’Asie maintenant que les pays européens s’efforcent de réduire leur dépendance à la Russie dans ce domaine.

Il a rappelé que son pays devrait construire des infrastructures pour augmenter ses approvisionnements énergétiques vers les pays asiatiques.

La stratégie arctique de Vladimir Poutine, telle que définie dans son discours de mercredi, s’articule aussi autour d’axes comme l’environnement, le climat et les infrastructures. Le chef du Kremlin mise aussi sur un volet « social » et reconnaît les difficultés vécues par les habitants du Nord, dans un contexte de sanctions, de pénuries et d’inflation galopante.

« L’Arctique doit être approvisionnée avec tous les biens et services nécessaires, et en totalité. Ceci est d’une importance fondamentale pour garantir la stabilité des prix », dit-il.

Avec les informations de Reuters et The Independent Barents Observer 

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