Sur la voie d’un accord commun dans la nation Gwich’in, à travers les territoires

Des délégués de la grande nation Gwich’in qui s’étend de l’Alaska aux Territoires du Nord-Ouest sont rassemblés, cette semaine, à Old Crow, au Yukon, pour la première fois en quatre ans. (Jackie Hong/Radio-Canada)
Les membres de la nation Gwich’in du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et de l’Alaska convergent cette semaine à Old Crow, au Yukon, pour le rassemblement biennal Gwich’in, qui se tient pour la première fois en quatre ans.

« Cela va être assez transformateur pour notre nation », dit le chef Dana Tizya-Tramm, de la Première Nation Vuntut Gwitchin à Old Crow.

Selon lui, l’événement, qui doit durer toute la semaine, devrait donner lieu à la signature d’un accord propre à la nation qui vit sur différents territoires. Il devrait aider à coordonner les efforts sur toutes sortes de questions , comme la conservation des espèces et l’adaptation aux changements climatiques.

« C’est passionnant, car nous regardons notre nation grandir. Et un jour, je prévois que celle-ci aura un ambassadeur, qu’elle délivrera ses propres passeports et qu’elle aura un bureau national. »

La nation vit à la limite nord-ouest de la forêt boréale. Elle se bat depuis longtemps pour protéger le caribou, une espèce essentielle à sa culture.

En 2019, le chef Tizya-Tramm et d’autres leaders Gwich’in avaient notamment alerté les législateurs américains qu’en cas d’autorisation du développement du gaz et du pétrole dans la Réserve faunique de l’Arctique (ANWR), cela aurait des conséquences dévastatrices sur les caribous et s’apparenterait à « un génocide culturel ».

Dana Tizya-Tramm est le chef de la Première Nation Vuntut Gwitchin à Old Crow, dans le nord du Yukon. (Jane Sponagle/Radio-Canada)

Les baux pétroliers et gaziers qui avaient été accordés dans l’ANWR avant les dernières élections américaines de novembre 2020 ont été suspendus, dans l’attente d’une nouvelle évaluation environnementale qui a été annoncée en août 2021.

Dana Tizya Tramm ajoute que les caribous ne sont pas le seul cheval de bataille des Gwich’in. La santé, le saumon et les changements climatiques en général sont tout aussi importants pour son peuple.

« Nous devons vraiment prendre nos propres décisions sur ces problématiques. Sinon, d’autres le feront à notre place. »

Cette année, jusqu’à présent, seuls 51 saumons Chinook sont passés près de la station sonar d’Old Crow. Dans le passé, ce chiffre pouvait s’élever à 6000, selon lui.

« Il y a maintenant une horloge du changement climatique qui tourne au-dessus de nos têtes, qui n’existait pas dans les années 1990 à 2000. »

Dana Tizya-Tramm explique que des rencontres auront lieu toute la semaine, pendant lesquelles tous les participants, jeunes, aînés ou chefs, pourront prendre la parole.

Il ajoute que la nation Gwich’in évolue et devient de plus en plus forte.

« C’est une très bonne leçon d’humilité que de regarder cela et de comprendre que la démocratie n’est pas qu’un mot. Elle doit aussi se traduire en actions. »

Avec des informations de Jackie Hong, Chris MacIntyre et Michel Proulx

Radio-Canada

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