Plonger à la recherche de forêts sous-marines dans l’Arctique canadien

Amanda Savoie plonge à la recherche d’algues dans les eaux de Cambridge Bay, en août 2022. (Khashiff Miranda/Université Laval)
Un projet mené par la biologiste Amanda Savoie se déploiera au cours des prochaines semaines autour de Cambridge Bay, au Nunavut, pour étudier les algues sous-marines du secteur et en apprendre plus sur les écosystèmes qu’elles hébergent.

La biologiste, affiliée au Musée canadien de la nature, étudie les algues rouges, vertes et brunes.

Elle s’intéresse particulièrement aux forêts de varech ces grandes algues qui poussent au fond de l’eau dans les zones côtières et qui sont comestibles et cherche à obtenir des données génétiques et à cartographier ces forêts dans l’océan Arctique.

Elle est accompagnée d’une équipe de scientifiques affiliés au projet ArcticKelp, financé par le réseau de chercheurs ArcticNet, ainsi qu’à l’Université Laval et à Pêches et Océans Canada. 

À ce jour, le projet ArcticKelp a étudié et cartographié les forêts de varech dans l’est de l’Arctique, et ce partenariat doit étendre les connaissances à l’ouest de l’Arctique, peut-on lire dans un communiqué du Musée canadien de la nature diffusé cette semaine.

« Trouver une forêt de varech serait vraiment passionnant », dit la chercheuse.

Elle souligne qu’il y a des traces de varech dans la région, d’après l’inventaire des ressources côtières du Nunavut et le dragage du fond marin. Toutefois, les chercheurs n’ont pas encore plongé pour observer une véritable forêt de varech.

« Les algues sont des superstars marines. Elles constituent une partie importante des écosystèmes côtiers, fournissant un habitat pour d’autres formes de vie océaniques dans le cadre de la chaîne alimentaire, mais comme de nombreux organismes marins, elles sont vulnérables aux effets du réchauffement climatique », explique Amanda Savoie dans le communiqué.

Amanda Savoie montre un spécimen d’algues récolté lors d’une plongée à Cambridge Bay en août 2022. (Pierre Poirier/Musée canadien de la nature)

« L’obtention d’informations scientifiques sur leur diversité et leur distribution dans l’Arctique canadien offrira de nouvelles connaissances qui peuvent aider à suivre les impacts du changement climatique au fil du temps. »

Dans beaucoup de régions côtières de la planète, plus au sud, le varech est en recul en raison de la hausse des températures. Mais dans l’Arctique, le réchauffement accéléré pourrait favoriser sa prolifération. Aussi, avec le recul de la banquise, davantage de lumière atteint les fonds marins, ce qui profite aux plantes marines. Les chercheurs prévoient donc un déplacement des forêts de varech vers le nord avec la fonte des glaces. 

Le saviez-vous?

Plus de 350 espèces différentes — et des dizaines de milliers de petits invertébrés — peuvent vivre sur une seule plante de varech. De nombreux poissons, oiseaux et mammifères dépendent d’une forêt de varech. Ces grandes algues aident aussi à atténuer les vagues et à protéger le littoral de l’érosion.

On a découvert à ce jour 175 espèces d’algues dans l’Arctique canadien, selon le Musée canadien de la nature. Or, le plus récent relevé taxonomique date d’il y a environ 40 ans. C’est donc un travail qui doit être poursuivi et mis à jour.

Un spécimen d’algue récolté lors de l’expédition de recherche. (Pierre Poirier/Musée canadien de la nature)

Les biologistes travailleront en collaboration avec les communautés inuit de la région. Les connaissances traditionnelles seront intégrées dans le projet de recherche.

Le projet bénéficie aussi de la présence à Cambridge Bay de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique.

Cette première campagne d’exploration en 2022 servira à établir un programme d’expéditions de recherche afin que d’autres poursuivent le travail dans les années à venir.

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