Aux T.N.-O., des Autochtones veulent prendre en main le projet Taltson

Un dépliant en anglais fait la promotion du projet d'agrandissement du réseau hydroélectrique de la rivière Taltson.
Le projet d’agrandissement du réseau hydroélectrique de la rivière Taltson devrait, selon le gouvernement, permettre d’éliminer 240 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par année. (Photo : Radio-Canada/Mario De Ciccio)

Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), six groupes autochtones ont signé une lettre d’intention pour prendre en main l’agrandissement de la centrale hydroélectrique de Taltson, un des projets d’infrastructure majeurs du territoire.

Il s’agit des Premières Nations de Salt River, Łutsel K’e, les conseils des Métis des T.N.-O., de Hay River, de Fort Smith, de Fort Resolution ainsi que le gouvernement des Métis de Hay River.

Pour Garry Bailey, président de la Nation des Métis des T.N.-O., cette signature est une étape pour que les gouvernements autochtones soient les récipiendaires de cette initiative.

Nous serons propriétaires. Ce sera un fait établi, affirme-t-il.

Dans les années 2010, une initiative similaire a été tentée par le gouvernement du territoire d’Akaitcho et sa corporation Dezé Energy. Le groupe autochtone souhaitait à l’époque être copropriétaire de la centrale de Taltson avec la Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO). Les Métis n’étaient alors pas impliqués dans le projet.

Ce qui est bien avec ça, c’est que nous envisageons de travailler ensemble de nouveau, comme c’était le cas avant entre les Dénés et les Métis, dit Garry Bailey. C’est le moment de travailler conjointement et de partager les bénéfices.

Des vœux partagés par Toni Heron, la cheffe de la Première Nation de Salt River.

Le seul obstacle sur notre chemin, c’est nous-mêmes et nos politiques, estime-t-elle. Il est temps de mettre cela de côté et de nous concentrer sur l’avenir de nos enfants.

Le plan du projet d'expansion de la centrale de Taltson.
Selon les estimations du gouvernement, le système de la rivière Taltson pourrait, avec d’autres phases à l’avenir, soutenir jusqu’à 140 MW de production hydroélectrique additionnelle. (Photo : gouvernement des Territoires du Nord-Ouest)

Actuellement, la centrale de la rivière Taltson, située à 64 kilomètres au nord de Fort Smith, génère 18 mégawatts d’hydroélectricité et alimente la plupart des communautés de la région du Slave Sud.

Le gouvernement veut agrandir la centrale afin qu’elle génère 60 mégawatts d’hydroélectricité supplémentaire avant de la relier par câbles souterrains au réseau du Slave Nord, qui alimente Yellowknife.

Le fédéral et le territoire y travaillent depuis 2011 et, en mars, le premier ministre Mark Carney a transmis ce projet au Bureau des grands projets pour accélérer sa mise en œuvre.

Selon les dernières estimations, le coût total des travaux est de plus de 3 milliards de dollars.

Une controverse historique

Construite en 1965, la centrale hydroélectrique de Taltson était à l’origine destinée à fournir de l’électricité à l’ancienne mine de zinc et de plomb de Pine Point.

Le barrage construit pour ce projet avait alors causé des dommages irrémédiables aux terres traditionnelles des communautés métisses et dénées de la région.

Le symbole de cet épisode est Rocher River, une communauté du Slave Sud abandonné à la fin des années 1960.

Ça a affecté tous les animaux, les lignes de piégeage des gens, explique Garry Bailey. Jusqu’à aujourd’hui, les gens ne peuvent pas exploiter cette zone comme il le faisait autrefois.

Cet héritage difficile a été au centre d’une rencontre de deux jours entre groupes autochtones et Caroline Wawzonek, vice-première ministre et responsable de la Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest.

Pour cette dernière, il est clair qu’il faut résoudre les problèmes autour de cet héritage ou au moins être en voie de le faire, avant le début des travaux en 2028.

Elle souligne que son gouvernement est ouvert à ce que ces groupes autochtones soient propriétaires du projet d’expansion, mais elle avertit que cela pourrait être plus difficile de donner la propriété de l’ensemble de la centrale à ces mêmes groupes.

Avec les informations de Sarah St-Pierre

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