Le MBAC dévoile la plus grande exposition d’art circumpolaire autochtone du monde

Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) annonce le dévoilement de Qillaniq, une exposition entièrement consacrée aux artistes contemporains de la région circumpolaire de l’Arctique, présentée du 12 juin au 20 septembre 2026.
Selon le MBAC, l’exposition rassemble plus de 80 œuvres d’art réalisées par plus de 70 artistes, s’imposant ainsi comme la plus grande exposition circumpolaire jamais organisée.
L’institution explique que le titre de l’exposition, Qillaniq (prononcé qeel-lah-neeq), est un mot inuktitut qui évoque le scintillement de la lumière du soleil ou de la lune lorsqu’elle se reflète sur l’eau.
Les organisateurs affirment que ce concept sert de métaphore à l’éclat et à la résilience des peuples autochtones circumpolaires face à la colonisation, tout en illustrant leur lien profond avec la terre à travers l’art.
Une exigence d’exister au présent
Dans le communiqué officiel du MBAC, son directeur général, Jean-François Bélisle, a tenu à souligner le changement de paradigme proposé par l’exposition.
Alors que le regard du monde entier se porte souvent sur l’Arctique à travers le prisme de la crise et de l’urgence géopolitique, Qillaniq aborde cette période sous un angle différent, souligne Jean-François Belisle. Cette exposition historique ne demande pas la permission d’exister au présent. Elle l’exige.

Le directeur général a également exprimé sa profonde gratitude envers l’équipe de commissaires entièrement autochtone ainsi qu’envers les artistes participants, ajoutant que leur force créative met en lumière la façon dont l’art autochtone contemporain façonne désormais les dialogues culturels à l’échelle planétaire.
Célébrer la « joie radicale » face à l’adversité
L’exposition a été mise sur pied par une équipe internationale et entièrement autochtone.
Le Musée précise que cette équipe est composée notamment de Jocelyn Piirainen et d’Ooleepeeka Eegeesiak du département Voies autochtones et décolonisation du MBAC.
Ils ont été épaulées par les commissaires invitées Liisa-Rávná Finbog (Sámi), Nadia Jackinsky-Sethi (Alutiiq), Taqralik Partridge (Inuk) et Laakkuluk Williamson (Kalaaleq).
Par voie de communiqué, l’équipe a décrit l’exposition comme une « […] célébration de ceux qui font de l’amour leur réponse face à l’adversité. Ces artistes sont à l’avant-garde de la scène artistique contemporaine mondiale ».
Ce message d’espoir et de solidarité est partagé par Steven Loft, Michelle LaVallee et Reneltta Arluk, membres de l’équipe de direction du département Voies autochtones et décolonisation au MBAC.
Ces derniers ont expliqué que, malgré les bouleversements climatiques et géopolitiques majeurs qui secouent l’Arctique, les voix de ces artistes inuit, des Premières Nations, sámis et autochtones d’Alaska demeurent « courageuses, fortes et révélatrices.

Briser le moule institutionnel et des collaborations majeures
Le MBAC indique que Qillaniq rejette délibérément les traditions institutionnelles rigides au profit d’une approche multidisciplinaire (dessin, peinture, vidéo, installation, performance).
L’exposition transcende les frontières géopolitiques modernes pour lier l’Alaska, l’Inuit Nunaat, le Sápmi et le Denendeh, ajoute l’institution.
L’événement marque également un jalon historique, car l’installation emblématique de l’artiste Máret Ánne Sara, intitulée Pile o’Sápmi Supreme (2017), y sera présentée pour la toute première fois en Amérique du Nord.
De plus, le musée confirme que huit nouvelles œuvres ont été spécifiquement commandées pour l’occasion.
Financement et accessibilité
L’organisation de Qillaniq a bénéficié de nombreux soutiens financiers et diplomatiques.
Le MBAC mentionne l’appui de la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada, de l’Initiative mondiale pour le leadership dans l’Arctique d’Affaires mondiales Canada, d’Armstrong Fine Art Services, ainsi que du projet de recherche Curating Indigenous Circumpolar Cultural Sovereignty (CICCS) de l’Université York.
Les ambassades du Danemark, de Finlande, de Norvège et de Suède au Canada ont également collaboré au projet.
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