Macron annonce du financement pour la recherche polaire au sommet sur les pôles
Le premier sommet international consacré aux glaciers et aux pôles, le One Planet Polar Summit, s’est tenu de mercredi à vendredi au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, en France. En clôture de l’événement, le président français a annoncé un investissement d’un milliard d’euros pour la recherche sur les mers polaires d’ici 2030. Cette somme servira notamment à la construction d’un nouveau navire qui pourra se déplacer à travers les glaces de l’Antarctique.
Emmanuel Macron a profité de l’occasion pour déplorer la fonte des glaciers en raison des changements climatiques. Il a déclaré qu’il s’agissait d’un « défi sans précédent » pour l’humanité.
Le président français a également souligné les nombreuses conséquences des changements climatiques en Arctique et en Antarctique dans le cadre de ce discours. Les enjeux ciblés par Emmanuel Macron ont également été les principaux sujets à l’ordre du jour de cette conférence.
L’effondrement de la cryosphère et la fonte du pergélisol ont été abordés lors de ce sommet international. La cryosphère comprend toutes les surfaces composées d’eau solide, ainsi, elle inclut entre autres les banquises et les glaciers. La fonte des glaces entraîne donc une dégradation globale de la cryosphère et notamment l’augmentation du niveau de la mer. L’étude des principales modifications de la cryosphère a d’ailleurs été ciblée comme une priorité de l’Organisation météorologique mondiale lors d’un congrès en mai dernier.
Le pergélisol est donc la partie visible de la cryosphère. Les effets de son dégel ont été largement documentés. Certains des effets néfastes de la fonte du pergélisol comprennent le dégagement d’émissions de carbone qui accélèrent le réchauffement climatique.
D’ailleurs, les effets du dégel de cette surface glacée se font déjà sentir. C’est le cas, par exemple, dans le nord du Canada. Au Nunavik, dans le nord du Québec, des communautés ont déjà commencé à mettre en place des mesures pour s’adapter à cette nouvelle réalité.
Ces enjeux ont été abordés lors de conférences et de tables rondes. L’une d’entre elles, intitulée Le changement climatique dans les pôles et les glaciers et ses impacts directs sur les populations, donnait notamment la parole à des organisations non gouvernementales et à des communautés autochtones.
Efforts gouvernementaux
Le One Planet Polar Summit vise donc à remettre en évidence les conséquences des changements climatiques sur l’Arctique et l’Antarctique afin de presser les gouvernements à agir pour calmer la situation.
En conférence de presse vendredi, la scientifique Miriam Jackson qui travaille pour le Centre international pour le développement intégré des montagnes, basé au Népal, a appelé les politiciens à « écouter les scientifiques et la population et à instaurer les changements nécessaires ».
Elle a souligné l’aspect humain de la situation, en soutenant qu’une importante partie de la population mondiale sera affectée par la fonte des glaces.
La France a donc prêché par l’exemple en annonçant des investissements en recherche polaire.
L’enveloppe d’un milliard d’euros annoncée servira à des projets autant en Arctique qu’en Antarctique, afin d’améliorer la compréhension des phénomènes en développement dans ces régions. La répartition spécifique du financement n’a pas été précisée. Cependant, en plus de la construction d’un nouveau navire, Emmanuel Macron a présenté certains organismes qui bénéficieront de soutien financier.
La station de la fondation Tara Océan dans l’Arctique recevra notamment du financement. Ce laboratoire dérivant doit être prêt d’ici 2025 et devrait être en service durant vingt ans. Sa mission est de comprendre la biodiversité de l’océan Arctique et de recenser les effets des changements climatiques.
La France prévoit aussi redoubler d’efforts en Antarctique, où la station Dumont d’Urville sera reconstruite. Elle a été construite dans les années 1950 et est maintenant vétuste. Elle se situe sur l’île des Pétrels, en Terre Adélie. Sa mission est également d’observer l’environnement. Les scientifiques de la station Dumont d’Urville étudient notamment la calotte glaciaire et les populations d’animaux.
Paris prévoit aussi investir dans les rénovations de la station franco-italienne Concordia, qui se situe également au pôle Sud.
La guerre en Ukraine a été présentée comme une cause du ralentissement des avancées dans les recherches scientifiques en Arctique et en Antarctique. Selon le président Macron, le conflit « fragilise la coopération » entre les différents pays. Il a cependant appelé à une harmonie en ce qui a trait à la recherche scientifique.
Avec les informations de l’Agence France-Presse et de l’Associated Press
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