Les services en santé mentale insuffisants pour la population francophone du Nord canadien

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Les services en santé mentale en français sont presque inexistants aux Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord canadien, soutient le Réseau TNO Santé. (iStock)
Le Réseau TNO Santé en français fait le point sur les services en santé mentale aux Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord canadien.

Alors que les ressources en santé mentale sont déjà lacunaires du côté anglophone, la situation est encore pire en langue française et la demande de services ne reflète pas non plus les besoins réels de la population.

C’est le constat dressé dans une brochure que vient de produire le Réseau TNO Santé en français, et qui s’adresse d’abord aux décideurs pour qu’ils corrigent la situation, mais aussi au grand public. Santé mentale en français — Comprendre les enjeux et l’urgence de collaborer aux TNO est disponible sur les sites savoir-santé.ca, federation-franco-tenoise.com et, dès cet automne, sur le nouveau site du Réseau TNO Santé. Le portrait de la situation a été brossé à partir d’une consultation avec le grand public, de contacts faits avec les intervenants en santé mentale (conseillers, planificateurs de services, etc.) et d’un sondage en ligne, avec l’aide de l’agence de communications North (anciennement Tait).

Une petite population mal desservie

Malgré la Loi sur les langues officielles, les services en santé mentale aux T.N.-O. sont limités, voire inexistants, affirme-t-on dans la brochure. Aucun poste de professionnel en santé mentale n’est désigné bilingue et l’emploi occasionnel du français dans ce cadre relève davantage de la coïncidence que de la planification. L’absence d’interprètes médicaux, dans un domaine où l’expression de la pensée est aussi cruciale dans le diagnostic, pose aussi problème.

D’un autre côté, la communauté francophone est petite et des personnes ont exprimé, lors du sondage, qu’elles hésitaient à aller dévoiler leurs problèmes à une personne de leur entourage.

« Ce qui ressort de ce portrait, analyse la coordonnatrice du Réseau TNO Santé, Audrey Fournier, c’est que la demande ne reflète pas les besoins réels. Les gens arrêtent de demander des services à force de ne pas en recevoir ou de ne pas trouver de constante. Mais c’est complexe; est-ce qu’un gestionnaire peut offrir des services sans connaître la demande ? »

Audrey Fournier, coordonnatrice du Réseau TNO Santé, avec la brochure Santé mentale en français – Comprendre les enjeux et l’urgence de collaborer aux TNO. (Denis Lord/L’Aquilon)
Sensibiliser aux besoins des francophones

Le Réseau Santé TNO veut faire un travail de sensibilisation pendant les prochaines années pour stimuler la demande de services, tout en souhaitant que le gouvernement augmente et améliore aussi son offre, par exemple en mettant en place une équipe itinérante de soignants pouvant desservir la communauté francophone où qu’elle soit, en sensibilisant le personnel à l’impact des barrières linguistiques, en inscrivant la langue de préférence du patient, etc.

Par ailleurs, autre élément de solution, le Réseau Santé TNO a obtenu un financement triennal pour un projet de services en santé mentale utilisant la télémédecine. La forme que prendra le projet, pour lequel le gouvernement ténois a manifesté de l’intérêt, reste à déterminer.

Recherche d’actions communes

Audrey Fournier et ses collègues des réseaux de santé du Nunavut et du Yukon (les deux autres territoires du Nord canadien) préconisent la mise en commun de ressources humaines intéressées par le Nord. Un tel modèle est inhabituel et, jusqu’à tout récemment, improbable d’un point de vue organisationnel.

Les ministères de la Santé et des Services sociaux des trois territoires ont étudié la possibilité de mettre en place des actions communes lors d’une rencontre en juillet dernier. Il ne semble cependant pas qu’une collaboration panterritoriale en matière de santé mentale ait été à l’ordre du jour.

De son côté, le ministère de la Santé et des Services sociaux prévoit consulter bientôt les régions et les collectivités pour connaître leurs besoins en termes de services de traduction.

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Denis Lord, L'Aquilon

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