Une nouvelle étude sur le potentiel minier d’une région du Nord canadien

Share
Des ouvriers de la mine d’or Meadowbank d’Agnico-Eagle au Nunavut, dans le Nord canadien, le 24 août 2011. Une étude géologique a été menée pour déterminer le potentiel minier de la province géologique des Esclaves, dans l’est des Territoires du Nord-Ouest. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest outille le secteur minier et veut stimuler la prospection dans l’est des Territoires.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest rend publique une importante étude sur le potentiel minier de sa région la plus riche en minerais, la province géologique des Esclaves.

Pour réaliser cette étude en haute résolution, la firme montréalaise Eon Geosciences a fait des survols en avion des régions de Itchen Lake et de Point Lake, à environ 130 kilomètres au nord-ouest de la mine Ekati, pour mesurer les variations des champs électromagnétiques indicatives du potentiel de différents gisements.

« C’est un secteur avec beaucoup de potentiel », note Asif Mirza, du Bureau géologique des Territoires du Nord-Ouest, coauteur du rapport final avec son collègue Barrett Elliott. Nous avions déjà des études, mais nous avions besoin de plus de données de qualité pour attirer les minières. »

M. Elliott note que des zones rocheuses similaires, ailleurs dans la province géologique des Esclaves, sont connues pour avoir des gisements d’or. « Il y a beaucoup de similarités entre les ceintures de roches vertes de Yellowknife et de Point Lake », fait-il valoir.

Les vols ont eu lieu entre le 13 février et le 25 mai 2019 et ont permis d’acquérir 64 787 kilomètres linéaires de données. Pilotée par le Bureau géologique des Territoires du Nord-Ouest et financée par l’Agence canadienne de développement économique du Nord, cette étude, qui en laisse présager d’autres, a coûté 1,1 million de dollars.

Un bon investissement

Le travail effectué ne suffit pas à indiquer les gisements. « Il faudra aller sur place faire plus de travaux, convient Barrett Elliott, mais c’est de bon augure. »

Les données recueillies vont contribuer à développer la cartographie de la région et être utiles aux chercheurs universitaires, aux prospecteurs et aux compagnies minières.

Il s’agit d’un bon investissement, assure le directeur général de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, Tom Hoefer.

Il déplore le retard des TNO face aux deux autres territoires dans la prospection, retard qui explique selon lui les prévisions économiques maussades pour les TNO.

« La cueillette d’information en géoscience doit être faite de façon constante, fait remarquer M. Hoefer, parce que cela permet l’utilisation de nouvelles technologies et de nouvelles connaissances pour cartographier notre géologie et obtenir un meilleur degré de résolution et de compréhension. Ça aide à attirer les investissements. »

Le directeur général de la Chambre des mines souligne l’importance de la province géologique des Esclaves, qu’il compare à l’Abitibi du Québec et à l’Ontario.

« C’est là que l’exploration pour l’or et les diamants a eu lieu dans les 40 dernières années, rappelle-t-il, et il y a un grand potentiel […] pour l’argent, les terres rares, etc. Mais c’est relativement inexploré, en partie à cause du manque de données géoscientifiques. L’étude aéromagnétique et géophysique du Bureau de géologie des Territoires du Nord-Ouest a ciblé une ceinture de roches vertes inexplorée et sous-cartographiée dans la province. Ça aide à remplir un vide dans les données actuelles et ça peut inciter des explorateurs à investir ici pour trouver de nouvelles mines. »

Share
Avatar

Denis Lord, L'Aquilon

Pour d’autres nouvelles sur le Nord du Canada, visitez le site de L’Aquilon.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *