Après les excuses du premier ministre du Québec, les Autochtones veulent des actes

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Une trentaine de représentants des peuples autochtones sont réunis à Québec. (Frédéric Bissonette/Radio-Canada)
Les dirigeants autochtones du Québec sont réunis jeudi à Québec pour rencontrer des membres du gouvernement Legault. Québec s’est engagé à agir dans la foulée des recommandations formulées dans le rapport de la commission Viens. Mais le scepticisme règne chez les représentants autochtones.

Une trentaine de dirigeants des onze premières nations du Québec et des Inuit y sont rassemblés, pour rencontrer cinq ministres du gouvernement Legault ainsi que deux députés caquistes.

Pour les chefs autochtones, cette réunion vise à s’assurer que le premier ministre François Legault respecte son engagement de donner suite à un rapport historique sur le traitement réservé aux membres des Premières Nations et aux Inuit de la province.

Le document de la Commission sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP), fruit de neuf mois de témoignages, concluait que les Autochtones du Québec étaient victimes de « discrimination systémique » en matière d’accès aux services publics.

Il renfermait 142 recommandations, sous forme d’appels à l’action. Les excuses du gouvernement Legault aux Autochtones constituaient la première recommandation. Elles ont recueilli, le 2 octobre, les applaudissements nourris des chefs autochtones à l’Assemblée nationale.

Mais elles ne sont qu’un point de départ. Les 141 autres recommandations demandent des changements dans les services de police, les services correctionnels, la justice, la protection de la jeunesse et les services de santé et les services sociaux auprès des Autochtones.

Sylvie D’Amours, ministre responsable des Affaires autochtones. (Frédéric Bissonette/Radio-Canada)

Face à ces demandes, le gouvernement veut montrer qu’il répondra à l’appel, comme l’affirme Sylvie D’Amours, ministre responsable des Affaires autochtones : « Certaines actions sont prises par le gouvernement par certains ministères. […] Maintenant, ensemble, nous devons prioriser les actions concrètes et les démarches doivent se faire ensemble. »

Quel suivi?

Les chefs autochtones veulent s’assurer que le rapport ne viendra pas prendre la poussière sur les bureaux des ministères et qu’il sera suivi d’actions mesurables. Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador depuis 1992, veut les voir avant d’y croire : « C’est quoi le point de départ sur le plan politique? […] C’est quoi le suivi à assurer pour mesurer les progrès au cours des prochains mois? », s’interroge-t-il.

Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat, a bien peur que le rapport Viens ne soit qu’un document de plus.

« On a connu la crise d’Oka, la commission royale d’enquête qui a rendu un rapport en 1996. Tout était là, faut pas se le cacher, il y avait 400 recommandations. On a vu passer commission sur commission […] aujourd’hui, on doit vraiment adresser les façons de mieux s’entendre. »

Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat

Sylvie D’Amours assure qu’il s’agit d’une première rencontre, et que les priorités d’actions ne seront définies qu’en consultant les représentants autochtones.

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