De plus en plus de francophones dans le Nord canadien

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De haut en bas:, le drapeau franco-yukonnais, le drapeau franco-ténois, et le drapeau franco-nunavutois. (Radio-Canada)
Une nouvelle analyse de Statistique Canada des recensements de 2001 à 2016 offre un meilleur portrait de la croissance des communautés francophones dans les trois territoires.

Au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, la population francophone a connu une augmentation de 58,2 % en 15 ans, soit 1290 nouvelles personnes qui ont dit avoir le français comme première langue parlée.

Le Yukon se démarque, passant de 890 personnes dont la première langue officielle parlée est le français en 2001 à 1640 en 2016.

Pendant ces mêmes 15 ans, 320 francophones se sont ajoutés à la population des Territoires du Nord-Ouest. La population francophone du Nunavut a pour sa part augmenté de 215 personnes.

Le taux de personnes ayant le français comme première langue parlée a ainsi augmenté, passant de 2,4 % de la population totale des trois territoires en 2001, à 3,1 % en 2016.

Le taux de bilinguisme a aussi augmenté dans le nord du pays, passant de 7,6 % en 2001 à 9,5 % 15 ans plus tard.

Première langue officielle parlée
Statistique Canada définit la première langue officielle parlée comme une donnée statistique utilisée pour la prestation de services au public dérivée de trois facteurs :

  • la connaissance des langues officielles de la personne;
  • la langue maternelle de la personne;
  • la langue parlée le plus souvent à la maison.

Source : Statistique Canada

En tout, 10 705 habitants du Nord ont indiqué pouvoir s’exprimer en anglais et en français lors du recensement de 2016.

Cette augmentation de la population n’a rien de surprenant pour les organismes représentant les francophones dans les trois territoires. Au Yukon et au Nunavut, ils sont d’ailleurs convaincus que les statistiques n’ont fait qu’augmenter depuis le dernier recensement.

Cela confirme le travail qui a été fait par les différents organismes dans la communauté franco-ténoise à travers les années, selon le porte-parole de la Fédération franco-ténoise (FFT), Xavier Lord-Giroux.

« Beaucoup de chemin a été fait depuis [la création de la FFT il y a 40 ans]. On a vu l’émergence d’une variété d’organismes francophone, la construction d’écoles aussi, et je crois que tout ça a permis à la population francophone de s’accroître. »

Au Nunavut, la croissance se sent assez facilement dans la communauté francophone d’Iqaluit, la capitale, selon la directrice générale de l’Association des francophones du Nunavut, Karine Baron.

« C’est certain que plus il y a de francophones, plus on voit le dynamisme de la communauté, dit-elle. Je dirais que l’endroit principal où on le remarque c’est dans la croissance au niveau de l’école. »

« C’est ce qu’on dit déjà aux politiciens : les populations des territoires, comme au Yukon, ont augmenté et l’augmentation est prévue de continuer, explique Isabelle Salesse, de l’Association franco-yukonnaise. « Je pense que d’avoir des pourcentages de cet ordre-là à présenter ça parle encore plus. »

Elle dit maintenant espérer que les statistiques seront utiles pour aider à accroître l’offre de services en français dans le territoire.

Le français à la maison

Si la croissance de la population francophone est bien connue des organismes francophones des territoires, l’analyse de Statistique Canada a tout de même apporté certaines précisions sur l’utilisation du français à la maison qui réjouissent particulièrement l’AFY.

L’analyse note une augmentation de 81,6 % de la population des trois territoires qui a déclaré parler le français de façon régulière à la maison entre 2001 et 2016.

Le Yukon est la principale cause de cette forte croissance avec son augmentation de 1085 personnes, soit une hausse de 125,4 %.

« Je trouve ça vraiment formidable parce que ça veut dire que les gens parlent français chez eux aussi, parlent en français à leur enfant. C’est extrêmement important pour la continuité de la langue parce que si on parle en français seulement au travail, à la garderie ou à l’école, ça ne suffit pas », croit Isabelle Salesse.

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