Comment promouvoir l’exploration minière dans le Grand Nord canadien?

Les gouvernements des territoires du Nord espèrent attirer des investissements dans leur secteur minier au congrès Roundup à Vancouver. (Radio-Canada / Anaïs Elboujdaïni)
Pour stimuler l’exploration minière, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest misent sur une image « verte et éthique » pour attirer des investisseurs.

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques des trois territoires déposé cet été, le Conference Board du Canada prévoit que les nouvelles installations minières au Yukon et au Nunavut contribueront à une forte croissance économique dans le Grand Nord.

Les Territoires du Nord-Ouest auront une croissance moins prononcée, car les mines de diamants ont déjà atteint leur sommet de production et ne feront que diminuer d’importance durant la prochaine décennie.

En envoyant de fortes délégations au congrès Roundup de l’Association pour l’exploration minérale, qui se tient cette semaine à Vancouver, les territoires du Nord espèrent attirer des investissements et des activités d’exploration chez eux pour s’assurer un meilleur avenir économique.

Investissements récents en déclin

Après des hausses d’investissements dans le secteur de l’exploration au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest en 2017 et en 2018, l’année 2019 aura plutôt vu un déclin des investissements.

Selon les intentions de dépenses révisées par Ressources naturelles Canada pour l’année 2019, 148 millions de dollars auront été dépensés en exploration minérale et en mise en valeur de gisement au Yukon l’an dernier contre 78 millions de dollars aux Territoires du Nord-Ouest. Il s’agit là d’une baisse de 18,8 % au Yukon et de 30 % aux T.N.-O., comparativement aux dépenses de 2018.

Le potentiel minéral d’une région, la valeur du dollar canadien et les prix des minéraux jouent tous un rôle dans la fluctuation des investissements dans l’exploration minière, explique l’économiste en chef du Conference Board, Pedro Antunes, mais il y a aussi les perceptions que peuvent avoir les investisseurs sur une région.

« Ce qui est très important pour les investisseurs et les entreprises, c’est de savoir et de bien comprendre les réglementations, explique-t-il. Et souvent, ce sont les perceptions qui sont importantes. »

Le principal défi de l’industrie minière réside notamment dans le contrôle trop strict du gouvernement sur les terres qui peuvent être explorées, selon Samson Hartland, président-directeur général de la Chambre des mines du Yukon.

« Partout au pays, les obstacles sont les mêmes : certains moratoires sur l’exploration de parcelles de terre font en sorte qu’on ne peut même pas vérifier s’il y a un potentiel minier dans un secteur donné », déplore-t-il.

Ranj Pillai est le le ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources du Yukon. (Radio-Canada / Anaïs Elboujdaïni)

Pour sa part, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources du Yukon, Ranj Pillai, rappelle la complexité des négociations en cours avec les gouvernements des Premières Nations, pour obtenir des accords sur les terres pouvant être exploitées.

« Nous avons des ententes solides avec les gouvernements autochtones au Yukon. »Ranj Pillai, ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources du Yukon

« Le gouvernement yukonnais et les gouvernements autochtones doivent planifier ensemble l’usage qui sera fait des terres du territoire », explique Ranj Pillai. Il note que certains des processus en place peuvent effectivement ralentir l’exploration de certains territoires. Tout cela est complexe. Nous voulons faire le tout respectueusement », ajoute-t-il.

Pour la nouvelle ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement des Territoires du Nord-Ouest, Katrina Nokleby, le point le plus dissuasif de son territoire pour les entreprises en exploration reste l’éloignement et le manque d’infrastructures.

Elle croit toutefois que les projets comme la route d’accès à la province géologique des esclaves ou l’expansion hydroélectrique de la rivière Taltson viendront faciliter l’exploration et l’exploitation minière dans le territoire.

Elle admet aussi que son gouvernement doit en faire plus pour faciliter les relations entre les membres de l’industrie et les organismes de réglementations.

Katrina Nokleby est la ministre de ministre de l’Infrastructure ainsi que de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement des T.N.-O. (Radio-Canada / MArio de Ciccio)
Le Grand Nord mise sur une image éthique

En parlant aux différents membres de l’industrie qu’elle rencontre à Vancouver cette semaine, la ministre des T.N.-O. dit beaucoup miser sur le poids social que les projets miniers peuvent avoir sur les différentes communautés du territoire et sur les entreprises minières.

« Les compagnies minières savent qu’elles ont des problèmes de relations publiques, alors elles veulent bien faire les choses, explique la ministre. Avec n’importe quel projet dans le Nord, les entreprises pourront l’utiliser comme exemple où ils ont réellement eu un impact positif sur une population. »

Tout comme son homologue, Ranj Pillai affirme que la carte « verte et éthique » pourra attirer des investisseurs à moyen terme. Il insiste notamment sur les bonnes pratiques de l’industrie minière en matière de négociations avec les corporations autochtones au Yukon.

« Dans le Nord, nous sommes déjà parfaitement positionnés pour répondre aux besoins des investisseurs qui veulent faire des investissements socialement responsables », estime-t-il.

C’est d’ailleurs la manière dont les trois gouvernements territoriaux vont tenter de se vendre, ensemble, à la conférence de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs en mars à Toronto.

Le gouvernement fédéral a annoncé cette semaine un fonds de 500 000 $ sur trois ans pour promouvoir l’industrie minière du Nord à ce grand congrès international.

Anaïs Elboujdaïni, Mario De Ciccio, Radio-Canada

Anaïs Elboujdaïni, Mario De Ciccio, Radio-Canada

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