Un bébé meurt durant une quarantaine à Yellowknife, dans le nord-ouest canadien

Un nourrisson originaire du Nunavut qui se trouvait à Yellowknife pour recevoir des traitements médicaux est mort pendant qu’il se trouvait en quarantaine de 14 jours avec son père. (Mario de Ciccio / Radio-Canada)
Un nourrisson originaire de Kugluktuk, au Nunavut, est mort la semaine dernière alors qu’il se trouvait en quarantaine obligatoire avec son père dans un hôtel de Yellowknife.

Le père de l’enfant, Jason Agligoetok, affirme qu’il venait de passer plusieurs semaines à l’Hôpital territorial Stanton de Yellowknife avec son fils, qui avait reçu des traitements médicaux.

Par la suite, il s’est auto-isolé avec son enfant à l’Hôtel Explorer, un des établissements désignés pour effectuer la quarantaine requise par le gouvernement du Nunavut pour retourner au territoire.

Jason Agligoetok affirme avoir trouvé son bébé inconscient en se réveillant le matin. Il a immédiatement composé le 911, mais les ambulanciers n’ont pas pu le réanimer.

« À notre sortie de l’hôpital, j’aurais préféré qu’ils nous renvoient directement chez nous. »Jason Agligoetok, père du nourrisson
Enquête en cours

Samedi, la coroner en chef des Territoires du Nord-Ouest, Cathy Menard, a confirmé à CBC avoir ouvert une enquête sur le « décès soudain » d’un jeune enfant. La dépouille du nourrisson a été transportée à Edmonton pour une autopsie.

Selon la coroner, une partie de l’enquête visera à déterminer si le gouvernement du Nunavut a offert tout le soutien nécessaire à la famille du nourrisson pendant la quarantaine.

Depuis la mort de son enfant, Jason Agligoetok a pu écourter sa quarantaine de 14 jours pour retrouver sa famille à Kugluktuk. Il affirme cependant qu’il aurait été mieux outillé pour s’occuper de son fils s’il était retourné chez lui à sa sortie de l’hôpital. « À la maison, j’aurais pu avoir plus d’aide de sa mère, de sa grand-mère et de sa tante », a-t-il dit.

Cathy Menard invite toutefois le public à ne pas tirer des conclusions hâtives quant au lien possible entre la mort de l’enfant et la pandémie de COVID-19.

Le ministre de la Santé du Nunavut, George Hickes, a affirmé en point de presse que ce décès n’était pas sous la responsabilité du gouvernement territorial, puisque l’hôtel où l’enfant est mort est un établissement indépendant. Il a précisé que la mort du nourrisson n’était pas associée à la COVID-19.

« Ces espaces d’auto-isolement sont fournis pour que les gens puissent retourner chez eux. Ce n’est pas un centre de santé, ça reste un hôtel. »George Hickes, ministre de la Santé du Nunavut
Selon le ministre de la Santé du Nunavut, George Hickes, la mort du nourrisson n’est pas associée à la COVID-19. (Beth Brown/CBC)
Un berceau pour le nourrisson

Dans l’ensemble, Jason Agligoetok estime avoir eu tout ce dont il avait besoin pour s’occuper de son nourrisson à l’hôtel, mais aurait aimé qu’on lui fournisse un berceau.

L’entreprise Nunastar Properties, qui assure la gestion de l’Hôtel Explorer, assure avoir suffisamment de berceaux pour les clients qui en font la demande.

« Lorsque des gens nous demandent des berceaux, nous leur en fournissons, a affirmé le président de l’entreprise », Ed Romanowski.

Lors de son point de presse, le ministre de la Santé du Nunavut a indiqué que le gouvernement s’assurerait que les hôtels désignés pour les quarantaines obligatoires auraient un inventaire suffisant de berceaux pour les nouveau-nés.

Les mesures prises par le gouvernement territorial pour prévenir la transmission de la COVID-19 font l’objet de nombreuses critiques. Plusieurs Nunavutois en auto-isolement dans des hôtels du Sud ont récemment dénoncé les conditions dans lesquelles ils étaient confinés.

Avec les informations de Beth Brown et de Katie Toth

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