Fourrures : la vente aux enchères estivale fait renaître l’espoir des trappeurs canadiens

Selon Mark Downey, la fermeture des magasins de vente au détail signifie une demande moins importante de la part des acheteurs internationaux. (Fabian Bimmer/Reuters)
Les trappeurs canadiens espèrent beaucoup de la vente aux enchères de fourrures sauvages du mois d’août, alors que l’évènement majeur du printemps ne s’est pas déroulé comme souhaité en raison de la pandémie.

Un vent d’espoir renaît parmi la communauté des trappeurs dont l’activité a subi un brutal coup d’arrêt ce printemps.

La salle des ventes Fur Harvested Auction, en Ontario, le dernier endroit où les trappeurs peuvent encore vendre des peaux d’animaux sauvages en Amérique du Nord, a annoncé des dates de ventes en personne pour la fin d’août 2020.

La vente aux enchères de fourrures sauvages qui devait avoir lieu en mars avait dû être précipitamment déplacée en ligne à cause de la dégradation de la situation sanitaire liée à la pandémie de COVID-19. Selon le président et directeur général de la salle des ventes, Mark Downey, seulement 30 % du volume habituel avait été vendu.

« La fourrure, c’est une matière qui réclame un contact physique, il faut la voir, l’évaluer, la toucher, la sentir »Mark Downey, président et directeur général de Fur Harvested Auction

Selon lui, alors que des articles fabriqués à base de fourrures peu coûteuses, comme le castor et le rat musqué, se sont bien vendus « à l’aveugle », d’autres nombreuses variétés abondantes au Canada n’ont pas eu cette chance.

Des invendus de luxe

« Lorsqu’il s’agit d’articles luxueux avec des prix élevés tels que la zibeline, le lynx, le chat sauvage, certains loups, c’est très difficile à vendre en ligne », explique Mr Downey.

La zibeline, une espèce de martre, est une prise célèbre à travers le pays, et plus particulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest, où les acheteurs du gouvernement donnent une avance de 65$ par peau.

« C’est vraiment peu commun que les collections de martre et de lynx restent invendues », déclare, dans un courriel, François Rossouw, un biologiste qui gère le programme d’achat de fourrures du territoire.

François Rossouw, biologiste au ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles des Territoires du Nord-Ouest, dans son bureau de Yellowknife. (John Last/Radio-Canada)

La saison passée, les T.N.-O. ont acheté pour 450 000 $ de fourrure. Seuls 27 % du stock a été vendu dans la vente aux enchères numériques du printemps.

Mark Downey déplore de voir une collection entière de martre, pleine à craquer, qui prend la poussière dans des entrepôts de North Bay (Ontario), de Winnipeg et de l’état américain du Wisconsin.

Les trappeurs des T.N.-O. bien lotis

La salle des ventes se prépare donc à remettre cette fourrure dans le circuit lors d’une vente aux enchères qui se déroulera en personne la dernière semaine d’août et à laquelle entre 20 et 30 commissionnaires, la plupart du Canada, sont attendus. L’endroit exact doit encore être dévoilé.

«On va faire de notre mieux pour vendre notre marchandise de façon professionnelle au meilleur prix de vente possible.»Mark Downey, président et directeur général de Fur Harvested Auction

Même si le nombre d’acheteurs présents cet été risque d’être décevant à cause des restrictions liées aux voyages internationaux, Mark Downey veut y croire.

« Nous sommes convaincus qu’un nombre suffisant de courtiers et de clients directs pourra assister à la vente. Cela nous a été communiqué par plusieurs des acheteurs mondiaux », écrit-il sur le site Internet de Fur Harvesters Auction.

Malgré la bonne nouvelle, Mark Downey sait aussi que la vente de fourrures destinées à la saison précédente aura forcément un effet sur les prix de la marchandise, mais il soulève aussi d’autres problèmes.

« Les magasins de vente au détail à travers le monde sont fermés, pour la plupart. À New York, Macy’s et Sachs ne vendent, pour ainsi dire, plus rien », s’inquiète-t-il.

Une baisse des prix qui risque aussi d’avoir des effets négatifs sur les trappeurs des T.N.-O., mais bien moins qu’ailleurs.

Le programme territorial Fourrures authentiques de la vallée du Mackenzie verse des primes aux trappeurs pour chaque peau qui se vend à l’avance. Les trappeurs gardent cet argent même s’ils vendent moins que prévu.

Le programme Fourrures authentiques de la vallée du Mackenzie permet aux trappeurs des T.N.-O. de garder la tête hors de l’eau malgré la situation difficile. (John Last/Radio-Canada)

« C’est un programme conçu pour protéger les trappeurs de la volatilité du marché et des événements inattendus comme ce qui se passe actuellement », rappelle un communiqué envoyé aux principaux concernés par les directeurs du programme.

« Ce qui se passe avec la COVID-19 est un bon exemple du bon fonctionnement du programme, qui fait de l’activité de trappe quelque chose de viable à un moment où les opportunités d’emploi pour les communautés sont limitées », soutient François Rossouw, qui considère que d’un point de vue financier, le programme peut faire face aux retards.

Dans les régions où les trappeurs ne peuvent pas compter sur le prix garanti par le gouvernement, ceux-ci ont donc dû apprendre à s’adapter aux fluctuations des marchés, mais Mark Downey ne s’en fait pas trop.

« Dans le monde, les trappeurs sont probablement les personnes les plus habituées à ne compter que sur elles-mêmes. On va traverser cette situation ensemble », croit-il savoir.

Avec les informations de John Last

Radio-Canada

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