Comment les mésanges à tête noire survivent-elles à l’hiver de l’Alaska?

Une scientifique a mené des recherches pour comprendre les mystères de survie de la mésange à tête noire en Alaska. (Diane Doiron/La Presse canadienne)
Une scientifique américaine a découvert que les mésanges à tête noire de l’Alaska se gavent de graines et d’insectes congelés pour survivre aux longs hivers. Elle a aussi trouvé le lieu où les mésanges se réfugient pour survivre aux nuits glaciales.

Susan Sharbaugh, scientifique à l’Institut de biologie arctique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, a passé de nombreuses heures à essayer de comprendre comment une créature aussi légère qu’une poignée de feuilles de papier parvient à survivre à des températures de -40 degrés Celsius.

La scientifique a découvert que la mésange mange chaque jour de la nourriture afin d’augmenter son poids de 10 %. L’oiseau utilise ensuite cette graisse pour « frissonner » toute la nuit, ce qui leur permet de se réchauffer.

Susan Sharbaugh a également installé un émetteur radio sur le dos de plusieurs spécimens capturés afin de trouver l’endroit précis où les mésanges à tête noire passent leur nuit hivernale.

Pesant 0,5 gramme, le minuscule appareil qui possède une autonomie d’environ trois semaines est composé de deux boucles élastiques qui s’adaptent sur les pattes des oiseaux comme un harnais d’escalade.

« Ces émetteurs sont très discrets. Ils se portent tellement bien, qu’on ne peut même pas savoir s’ils sont là ou pas », a raconté la scientifique dans un article publié sur le site de l’Université de l’Alaska.

Après avoir attaché un émetteur à une mésange sur le campus de l’Université de l’Alaska, la scientifique a suivi le signal sonore jusqu’à un bouleau. Elle a alors aperçu la mésange se réfugier dans un petit trou situé dans l’arbre.

« Trouver un abri pareil est tout aussi crucial, sinon plus, que de trouver de la nourriture. Vous devez trouver un bon endroit isolé pour passer la nuit quand vous êtes si petit. »Susan Sharbaugh, scientifique à l’Institut de biologie arctique de l’Université de l'Alaska

Dans cette cachette, considérée par Susan Sharbaugh comme un véritable « refuge », la mésange gonflait ses plumes pour brûler de la graisse toute la nuit. La scientifique a déclaré que les mésanges ne pouvaient pas survivre sans trouver un tel sanctuaire.

La biologiste a ensuite trouvé les abris de plusieurs autres mésanges. Elle a dit n’avoir jamais vu plus d’une mésange entrer dans sa cachette. D’autres oiseaux, comme les merles bleus, survivent au froid en se blottissant les uns contre les autres, mais cela ne semble pas être le cas des mésanges à tête noire qui sont plutôt des animaux solitaires.

Avec les informations de Ned Rozell de l’Institut de géophysique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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