Une expédition scientifique au cœur de l’Arctique 100 % féminine

L’équipe s’aventurera sur l’archipel du Svalbard. (Mosvold Larsen/AFP/Getty Images)
Six femmes scientifiques entameront du 30 mars au 2 mai prochain une expédition en ski en Norvège. Sur plus de 450 kilomètres, l’équipe aura pour mission d’observer et d’analyser le rôle des particules fines sur la fonte des glaciers.

Elles se prénomment Anne Elina Flink, Alia Khan, Dorothée Vallot, Heïdi Sevestre, Nina Adjanin et Silje Smith-Johnsen. Ensemble, ces femmes – expertes en recherche polaire – se sont regroupées dans un projet international ambitieux baptisé « Sentinelles du climat ».

« Aujourd’hui, comme les Avengers des régions polaires, ou les cinq mousquetaires, nous nous réunissons pour montrer le nouveau visage de la recherche arctique. »Équipe du projet Sentinelles du climat

Il y a trois ans, les six scientifiques originaires des États-Unis, de France, de Suède et de Norvège décident d’organiser cette expédition dans l’archipel du Svalbard, en Norvège, considérée comme la première mission de recherche au bilan carbone neutre en Arctique. Elle aura l’objectif de collecter des données afin d’améliorer la compréhension de la fonte de l’Arctique.

La géologue Anne Elina Flink espère que cette mission entièrement dirigée par des femmes incitera les plus jeunes à s’intéresser davantage aux expéditions polaires. Le projet Sentinelles du climat est d’ailleurs un moyen, selon elle, de se connecter avec le public afin de le sensibiliser aux bouleversements climatiques qui se produisent présentement dans l’Arctique.

« Je suis vraiment très contente de participer à un projet entièrement féminin qui n’est pas seulement une expédition polaire classique basée sur l’endurance, mais aussi une campagne scientifique de terrain », a expliqué la géologue.

Tracé de l’expédition. Au Svalbard, pas de route ni de chemin en dehors de Longyearbyen. (Sentinelles du climat/Site web)

L’équipe compte d’ailleurs collaborer avec des salles de classe du monde entier pour rendre la science plus passionnante et plus accessible aux jeunes générations. « L’éducation est essentielle pour comprendre comment ces environnements polaires réagissent au changement climatique et ce que nous pouvons y faire. »

« Notre objectif est de voyager de la station de recherche de Ny Alesund à la station polonaise de Hornsund en quatre semaines, avec beaucoup de science en cours de route. »Équipe du projet Sentinelles du climat

Svalbard, situé à mi-chemin entre le nord de la Norvège et le pôle Nord, est l’un des endroits les plus accessibles de l’Arctique. La région est aujourd’hui considérée comme l’épicentre du changement climatique, se réchauffant sept fois plus vite que le reste de la planète.

À ce titre, les scientifiques rappellent que l’archipel norvégien est un véritable laboratoire naturel pour étudier le changement climatique, puisqu’il abrite déjà une université et plusieurs stations de recherche.

Durant leur expédition, les scientifiques analyseront des échantillons de neige et de glace pour mesurer la concentration de noir de carbone. « Lorsqu’ils se déposent sur la neige et la glace, ils polluent ces environnements, mais surtout les assombrissent, abaissant leur albédo et accélérant leur fonte. »

Notons que le carbone noir (BC) est constitué de fines particules émises lors de la combustion incomplète des combustibles fossiles. Ils peuvent parcourir des milliers de kilomètres et atteindre facilement l’Arctique.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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