Submergés, les hôpitaux urbains de l’Alaska mettent en danger les zones rurales

Une patiente se trouve dans la salle de traumatologie du centre de santé Upper Tanana, le 22 septembre à Tok, en Alaska. L’État connaît l’une des plus fortes augmentations du nombre de cas de COVID-19 aux États-Unis, et le système de santé de l’État dépend presque entièrement des hôpitaux d’Anchorage. (Rick Bowmer/Associated Press)

En Alaska, qui connaît une nouvelle vague de COVID-19 sans précédent, le manque de lits dans les grands hôpitaux signifie que les personnes en zones rurales ayant besoin de soins de santé pourraient ne pas y avoir accès.

Le variant Delta continue de se répandre dans cet État américain. Cela entraîne l’une des plus fortes augmentations du nombre d’infections au pays et présente des risques pour les communautés isolées.

La crise est amplifiée par le système de soins de santé limité de l’Alaska qui dépend largement des hôpitaux d’Anchorage, la plus grande ville. C’est là que le plus grand hôpital de l’État, le Providence Alaska Medical Center, a été le premier, il y a quelques semaines, à déclarer des protocoles de crise de soins. Cela signifie que les médecins donnent parfois la priorité aux soins aux personnes qui ont les meilleures chances de survie.

Depuis, 19 autres centres de santé de l’État, dont les deux autres hôpitaux de la capitale et l’Hôpital Fairbanks Memorial, ont enclenché les mêmes protocoles.

La médecin hygiéniste en chef de l’Alaska, la Dre Anne Zink, affirme qu’en conséquence, les soins ont changé dans les hôpitaux.

Nous ne sommes plus en mesure de fournir, de manière régulière, le même niveau de soins qui existait auparavant […] Cela se produit depuis des semaines.Dre Anne Zink, médecin hygiéniste en chef de l’Alaska
Difficulté à transférer les patients

L’Alaska a passé un contrat avec près de 500 professionnels de la santé pour leur aide au cours des prochains mois, mais les conséquences sont terribles pour les habitants des zones rurales s’ils ont besoin de niveaux de soins plus élevés, pour la COVID-19 ou autre, et qu’aucun lit n’est disponible.

Si parfois ces patients sont chanceux et sont transférés à Anchorage ou à Fairbanks, d’autres fois, les employés de la santé peuvent passer des heures au téléphone à essayer de leur trouver une place dans un établissement qui offre des traitements spécialisés.

D’après le porte-parole de l’Hôpital Providence Alaska, Mikal Canfield, un patient qui n’a pas pu recevoir son traitement de dialyse est récemment décédé. Un autre avait besoin de cathétérisme cardiaque et est aussi mort en attendant sa procédure, rapporte la Dre Kristen Solana Walkinshaw, la cheffe du personnel hospitalier.

Dans le village de Tok, au centre de santé Upper Tanana, dont dépendent six villages autochtones, des plans d’urgence sont en place pour héberger des personnes pendant la nuit si des lits d’hôpitaux ne sont pas disponibles immédiatement, fait savoir la directrice, Joni Young.

Nous avons déjà des lits de camp, stockés ici, et nous avons un autre bâtiment que nous louons et que nous pourrions utiliser pour séparer les patients atteints de la COVID-19.Joni Young, directrice générale du centre de santé Upper Tanana

Pour certains traitements, le personnel ne sait jamais quand le centre va être livré, ce qui laisse planer de l’inquiétude.

Faible taux de vaccination et désinformation

Les responsables de la santé imputent la crise des hôpitaux au manque de personnel, à l’augmentation des infections à la COVID-19 et aux faibles taux de vaccination en Alaska, où 61 % des résidents admissibles sont entièrement vaccinés.

Le gouverneur républicain de l’État, Mike Dunleavy, a été critiqué pour ne pas avoir rendu obligatoires les masques et ne pas avoir suffisamment soutenu la vaccination. D’autres l’ont accusé de promouvoir les vaccins et de répandre la peur.

Selon les responsables de la santé, le personnel est aussi épuisé et frustré de devoir se battre contre la désinformation. Certains craignent aussi des effets à long terme comme un manque de confiance dans les vaccins et les traitements pour d’autres maladies et le difficile recrutement de travailleurs de la santé dans cet État éloigné, qui reste un défi de longue date.

Nous avons encore des gens qui nient l’existence de la COVID, même s’ils sont en train d’être intubés, ou des membres de la famille qui nient l’épidémie alors qu’ils sont en train de dire au revoir à leur proche sur une tablette.Dre Solana Walkinshaw, cheffe du personnel de l'Hôpital Providence Alaska

Radio-Canada

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