Pensionnats pour Autochtones : le gouvernement canadien prié de demander à l’Église catholique le retour des archives au pays

Lori Idlout, députée du Nunavut, affirme que les dossiers et les preuves des pensionnats doivent se trouver au Canada. (Matisse Harvey/Radio-Canada)
Des élus canadiens font pression sur le gouvernement fédéral afin qu’il exige de l’Église catholique qu’elle remette les dossiers sur les pensionnats pour Autochtones aux enquêteurs et aux survivants.

La semaine dernière, deux députés du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont écrit au ministre de la Justice du Canada, David Lametti, pour lui demander de prendre les « mesures nécessaires » afin que les documents, dont on a récemment appris qu’ils se trouvaient à Rome, soient rendus au Canada.

« Nous vous écrivons pour vous faire part de notre consternation face aux informations selon lesquelles l’ordre religieux des Oblats aurait transféré au Vatican des documents d’archives relatifs aux pensionnats pour Autochtones du Canada », peut-on lire dans la lettre.

Les élus néo-démocrates font référence à un reportage de CBC relatant l’expérience d’historiens d’Ottawa et leur découverte de documents canadiens disparus. « Tout document relatif au contrôle des pensionnats par les Oblats constitue une preuve et doit être traité comme tel. »

La missive a été signée par Charlie Angus, député du nord de l’Ontario, et par Lori Idlout, députée du Nunavut et porte-parole pour les affaires du Nord et les relations entre la Couronne et les Autochtones.

Les Oblats, un ordre catholique qui a géré 48 pensionnats au pays, ont également géré l’école fédérale de jour Sir Joseph Bernier à Chesterfield Inlet, au Nunavut. C’est là que les parents d’Idlout sont allés à l’école.

D’anciens élèves de l’école de Chesterfield Inlet et de sa résidence ont déjà dit avoir été victimes d’abus physiques et sexuels. « Ayant vécu les expériences de traumatisme intergénérationnel, ce qui s’est passé dans les pensionnats était un crime », a dit Mme Idlout.

« Nous devons nous assurer que ces preuves restent au Canada afin que les Premières Nations, les Métis et les Inuit puissent les utiliser pour s’assurer que nous obtenons la justice que nous méritons. »

Des élèves inuit dans une école catholique de Chesterfield Inlet en 1954. La photo fait maintenant partie de la collection du Centre national de vérité et de réconciliation, et elle provient des archives Deschâtelets-NDC de Richelieu, au Québec. (NCTR)
« Rationalisation » des archives

Des historiens ont récemment déclaré à CBC qu’ils avaient découvert de nouvelles preuves suggérant que certains documents d’archives relatifs aux pensionnats du nord de la Saskatchewan ne sont désormais disponibles qu’à Rome.

« Les documents que nous avions examinés ici ne sont plus dans ce pays », a affirmé Brenda Macdougall, professeure et titulaire d’une chaire de recherche sur les traditions familiales et communautaires métisses à l’Université d’Ottawa.

Mme Idlout, une avocate élue en septembre, a déclaré que, pendant la campagne, elle a entendu les récits de survivants des pensionnats du Nord canadien.

« C’était un tel déchirement d’entendre ces histoires », a-t-elle dit.

« J’espère vraiment qu’ils prennent au sérieux notre demande et nos exigences pour s’assurer que les documents soient de retour. Nous devons nous assurer que ces éléments de preuve, ces histoires importantes ne finissent pas dans un coffre-fort. »

Le père Ken Thorson, un responsable oblat à Ottawa, a mentionné à CBC que les vastes archives de son ordre ont affiné leurs politiques, outils et pratiques.

« Cela inclut la rationalisation des doublons, lorsque les documents originaux existent ailleurs. Si les chercheurs sont dirigés vers Rome », a-t-il dit, précisant que les chercheurs sont maintenant dirigés vers la source originale.

Un porte-parole du bureau du ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, n’a pas abordé ces dernières révélations. Il a toutefois ajouté que le gouvernement libéral, et le premier ministre ont déjà exhorté publiquement l’Église catholique à remettre des documents.

Il reste que le NPD demande plus d’action. « Nous vous demandons de prendre des mesures pour que ces documents soient rendus au Canada. Le Vatican peut prétendre à l’immunité diplomatique, mais celle-ci ne peut être utilisée pour faire écran aux crimes contre les enfants », déclarent les députés dans leur lettre.

D’après les informations de CBC

Radio-Canada

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