Décès du Canadien Bob Daffe, un « personnage plus grand que nature »

Bob Daffe est décédé à la fin de janvier. (Tatshenshini Expediting)
Le Yukonnais Bob Daffe est décédé le 25 janvier, laissant derrière lui une famille, des amis et des collègues qui le louent pour son sens de l’aventure et son amour du canoë-kayak, des radeaux pneumatiques et des rivières du monde entier.

« Un cœur en or », « sans peur », « aventurier », « humble » : les mots ne manquent pas pour qualifier Bob Daffe, qui avait fait de sa passion des eaux vives son métier.

L’homme a passé des décennies à transmettre son goût pour les sports de pagaie, notamment grâce à son entreprise de descente en radeau sur la rivière Tatshenshini, Tatshenshini Expediting. Figure légendaire des sports du Yukon, il avait été intronisé au Temple de la renommée sportive du territoire il y a quelques années.

Si sa plus grande fille, Danielle Daffe, devait deviner combien de personnes ont bénéficié de l’enseignement offert par son père en matière de kayak, de canoë, de rafting ou d’autre sport de pagaie, le chiffre serait très élevé. « Je vais dire des milliers, je ne suis pas sûre. »

Parmi ses nombreuses aventures, Bob Daffe a été membre des Rangers canadiens. Il a contribué à l’entretien de la piste lors de la tenue de la course de traîneaux à chiens Yukon Quest. Il est photographié, ici, le long du fleuve Yukon à Dawson, en février 2017. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Danielle Daffe se souvient elle-même d’avoir, très jeune, commencé à aller sur l’eau avec son père, son frère et sa sœur.

« C’était un bon leader, un professeur patient, il observait les gens tranquillement au lieu d’être autoritaire. »

Né en 1949 à Ligny, en Belgique, Bob Daffe avait immigré au Québec avec sa famille lorsqu’il était encore un jeune adolescent.

Il a découvert le Yukon à 19 ans, en venant y faire de la randonnée avec un ami. Pendant des décennies, il a fait découvrir le territoire à de nombreuses personnes, en sillonnant les rivières.

La transmission aux jeunes

Olivier Roy-Jauvin fait partie des jeunes qu’il a pris sous son aile. Lui aussi a appris à descendre les rivières avec l’aventurier, notamment lorsqu’il avait 15 ou 16 ans, sur la rivière Tatshenshini.

Il a partagé beaucoup de ses habiletés avec moi, puis, éventuellement, il m’a offert un emploi d’été comme guide de rivière et je suis tombé en amour avec la profession.Olivier Roy-Jauvin

L’homme de 32 ans n’hésite pas à dire que Bob Daffe l’a beaucoup inspiré.

Olivier Roy-Jauvin souligne aussi que M. Daffe était quelqu’un de très inclusif. « Dans une industrie où, souvent, il y a une majorité d’hommes, Bob a toujours employé, dans son équipe, une moitié de femmes. Ça créait vraiment une belle dynamique d’équipe. »

Karine Genest fait partie de celles qui ont travaillé avec lui. Guide de rafting au Québec, elle a rencontré Bob Daffe en arrivant au Yukon, en 2005, à un moment où elle ne parlait pas très bien anglais.

« Je suis allée me présenter et il était tellement ouvert, tellement facile à qui parler et je lui disais que j’étais guide et que je voulais peut-être pouvoir guider au Yukon, pouvoir aller voir la rivière et il m’a prise tout de suite avec lui. »

Ceux qui le connaissaient disent aussi de lui qu’il était un personnage « plus grand que nature ». Beaucoup ont de nombreuses anecdotes à raconter à son sujet.

Bob Daffe connaissait intimement les cours d’eau du Yukon. (Karen McColl/Radio-Canada)
Des aventures aux quatre coins du monde

Il a amené beaucoup de clients aux quatre coins du monde, raconte un autre de ses amis, Derrick Law, qui a participé à plusieurs voyages sur l’eau avec lui.

L’Alaska, le Mexique, le Costa Rica, le Népal, la Tanzanie : l’appétit de Bob Daffe pour l’aventure et la découverte d’autres cultures était insatiable. Son humour n’était pas en reste non plus.

Karine Genest se souvient notamment d’un voyage en Amérique latine.

« Bob aimait beaucoup taquiner les gens. Quand j’étais au Chili avec lui, Bob avait dans l’idée qu’il allait me trouver un mari chilien », raconte-t-elle.

« Dans chaque bar qu’on faisait, j’étais toujours courtisée et je ne comprenais pas pourquoi. En regardant les autres du groupe qui essayaient de ne pas rire, j’ai compris que c’était Bob qui essayait de manigancer. »

Danielle Daffe et Karine Genest, qui considère Bob Daffe comme un deuxième père, ont toutes les deux une phrase en tête, un mantra que l’aventurier avait particulièrement à cœur.

Il disait toujours que la vie est belle.Danielle Daffe, la fille de Bob Daffe et Karine Genest, une amie

Bob Daffe laisse derrière lui sa femme, Theresa Landman, ses enfants Danielle Daffe, Kevin Daffe, Alison Landreth et leurs conjoints respectifs, ses petits-enfants Mickey, Issac, Aidan, Luke et Nolan, ainsi que son ancienne femme, Lynn Daffe.

Avec les informations de Claudiane Samson

Laureen Laboret, Radio-Canada

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