Les nouveaux élus en faveur d’un centre de traitement des dépendances aux T.N.-O.

Le centre de traitement Somba K’e a ouvert ses portes, route de Dettah, en 1991, avant de fermer définitivement en 1999, malgré une longue liste d’attente pour y avoir une place. (Radio-Canada)

La majorité des députés élus de la 20e Assemblée législative aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) veulent plus de services dans la lutte contre la toxicomanie, comme l’ouverture d’un centre de traitement, car le territoire affiche l’un des plus hauts taux de dépendance au pays.

Depuis la fermeture du dernier centre de traitement des T.N.-O., en 2013, le centre Nats’ejee K’eh, les personnes qui souhaitent guérir de leur dépendance aux substances doivent se rendre dans le sud du pays.

La stratégie territoriale de lutte contre les dépendances comprend aussi le financement de programmes de guérison dans la nature. Or, selon un rapport de la vérificatrice générale du Canada, publié en 2022, les T.N.-O. sont loin d’en faire assez pour lutter contre les dépendances.

Au moins 10 nouveaux élus de la prochaine Assemblée législative appuient une meilleure offre de services de traitement au territoire, selon des données compilées par CBC.

Un plus grand appui dans le nord du territoire

C’est dans les régions à l’extérieur de la capitale que l’appui est le plus important.

Sur les 19 nouveaux députés, 14 ont répondu à la question de CBC, soit s’ils soutiennent ou non un centre de traitement des dépendances. Aucun député n’est contre, et plusieurs ont des idées différentes sur la façon dont un tel centre pourrait fonctionner.

La députée réélue d’Inuvik Twin Lakes, Lesa Semmler, estime que le territoire a besoin d’un centre de traitement. «Nos résidents meurent [de ces dépendances]», dit-elle. Le député d’Inuvik Boot Lake, Denny Rodgers, a déclaré presque immédiatement après son élection qu’Inuvik a besoin d’un centre de mieux-être.

La députée réélue d’Inuvik Twin Lakes, Lesa Semmler, dit que le territoire a besoin d’un centre de traitement. (Radio-Canada/Mario De Ciccio)

Toujours dans le nord, la députée de Nunakput, Lucy Kuptana, dit que la possibilité d’améliorer les options de traitement au territoire est l’une des raisons pour lesquelles elle a fait campagne.

George Nerysoo, nouvellement élu dans le Delta du Mackenzie, appuie cette idée. Danny McNeely, dans le Sahtu, dit avoir besoin de plus d’information pour se prononcer, mais n’est pas contre.

Dans le Dehcho, Sheryl Yakeleya est favorable à des centres régionaux de traitement, pourvu qu’ils mettent de l’avant la guérison dans la nature.

Vince McKay, de Hay River Sud, et Jay Macdonald, de Thebacha, sont tous les deux pour la création d’un centre.

Shane Thompson, réélu dans Nahendeh, dit qu’il appuierait des programmes créés à partir de ressources déjà disponibles au territoire, dont le savoir-faire des aînés. Cependant, il s’oppose à l’idée de créer un centre comme ceux qui existent dans le sud des T.N.-O. en raison de la difficulté du territoire à recruter du personnel médical.

Shane Thompson, réélu dans Nahendeh, dit qu’il appuierait des programmes développés à partir de ressources déjà disponibles au territoire. (Radio-Canada/Mario De Ciccio)

Richard Edjericon, élu dans Tu-Nedhé-Wiilideh, croit qu’un centre et des programmes de soutien post-traitement devront être financés par le fédéral pour pouvoir fonctionner. Jane Weyallon Armstrong dit que c’est le territoire qui devrait financer ces programmes et que les gouvernements autochtones devraient être consultés.

À Yellowknife, seulement trois députés ont répondu à la demande de CBC.

Shauna Morgan, dans Yellowknife Nord, et Julian Morse, dans Frame Lake, ont tous deux indiqué avoir besoin de plus d’information pour se prononcer. Kieron Testart, dans Range Lake, appuierait des programmes de traitement financés par le territoire, pourvu qu’ils soient gérés par les gouvernements autochtones.

De l’appui à la réalité

L’ouverture d’un centre de traitement, même s’il est souhaité par l’ensemble des députés, ne se ferait pas du jour au lendemain. Selon un ancien employé du gouvernement territorial et directeur des communications, Sean Dean, un tel projet doit recevoir l’aval des membres du Cabinet pour être ajouté au plan d’immobilisations et être réalisé.

Si un centre de traitement des dépendances ne reçoit pas l’appui des membres du Cabinet, les députés auraient quand même d’autres options, selon Sean Dean.

«Les membres ont beaucoup d’influence sur le processus d’élaboration du budget, dans un gouvernement de consensus, leur donnant la possibilité de réviser les plans d’affaires et les budgets avant qu’ils soient finalisés», dit-il.

Les députés simples pourraient aussi faire valoir cet élément au moment de l’élaboration des priorités de la 20e Assemblée, selon Sean Dean. Il pourrait y avoir une autre possibilité de faire des centres de traitement des dépendances un élément central de l’ordre du jour du gouvernement.

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