Le plus grand brise-glace canadien est de retour au pôle Nord

Le plus grand et le plus puissant brise-glace de la Garde côtière canadienne s’est rendu au pôle Nord en août, dans le cadre d’une mission visant entre autres à régler les différends territoriaux dans l’Arctique.
Le navire de la Garde côtière canadienne (NGCC) Louis S. St-Laurent a atteint le pôle Nord le 16 août dernier, accompagné du brise-glace suédois Oden.
La mission a pour but de cartographier l’océan Arctique en utilisant des capteurs spéciaux. Ces efforts aideront à définir la revendication du Canada sur une portion de territoire qui est aussi revendiquée par la Russie et le Danemark, en raison de son territoire autonome du Groenland.
Il s’agit du sixième voyage entrepris par le navire au pôle Nord, un endroit presque intouché par les humains, mais le premier du capitaine Byron Briggs.
« C’était une encore plus grosse montée d’adrénaline que ce à quoi je m’attendais une fois que nous avons atteint le pôle et que nous avons placé le navire de façon à ce que le GPS nous indique que nous étions à 90 », raconte-t-il, en faisant référence à la latitude du pôle.
C’était un moment très spécial pour moi, c’est certain. Et à voir les applaudissements de tous ceux qui se trouvaient avec moi, c’était un moment assez important pour nous tous.
Capitaine Byron Briggs
Le capitaine Briggs a aussi réussi à avoir un rendez-vous avec le père Noël pendant sa visite.
Sur la glace, les membres de l’équipage ont même pu disputer une partie de hockey.
Le navire compte 77 membres, dont 47 membres d’équipage de base, un médecin et un infirmier, un équipage d’hélicoptère et une équipe scientifique de 22 personnes.

En 2019 et en 2022, le Canada a rempli ses obligations en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) et a soumis des données montrant les revendications canadiennes dans les fonds marins.
Kai Boggild, chercheur à la Commission géologique du Canada, dirige les recherches.
« Ces données montrent où nous croyons que ces points sont situés », explique Kai Boggild.
Les données recueillies servent donc à appuyer ces revendications, particulièrement près de la dorsale de Lomonossov, une chaîne de montagnes sous-marines qui sépare l’océan Arctique en deux.
Pour Kai Boggild, cette mission dépasse la géopolitique et sert surtout à obtenir des données scientifiques cruciales.
« Il reste encore des questions fondamentales sur la façon dont nous comprenons la formation de l’Arctique », précise le chercheur. « Alors, recueillir ces données pour la CNDUM nous permet d’en apprendre plus sur l’histoire naturelle de l’océan Arctique et son évolution à travers des millions d’années.»
Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a affirmé dans un communiqué de presse que la mission remplit plusieurs objectifs, dont celui de renforcer la souveraineté et la sécurité du pays dans la région.
« L’arrivée du NGCC Louis S. St-Laurent au pôle Nord est une étape importante qui témoigne de l’engagement durable du Canada envers l’Arctique », précise-t-il.
L’équipage du Louis S. St-Laurent a quitté son port d’attache de Saint-Jean, à Terre-Neuve, le 8 juillet et devrait être de retour au début du mois de novembre.
