Arctique canadien : Whitehorse met sur pause son projet de déclaration d’état d’urgence climatique

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Le conseil municipal de Whitehorse, la capitale du Yukon, n’a pas donné le feu vert à la proposition de déclarer l’état d’urgence climatique. Les conseillers de la ville doivent déterminer quels seraient les coûts liés à la mise en place d’une telle mesure avant de se pencher à nouveau sur cette proposition au mois de septembre. (Jackie McKay/CBC)
La capitale du Yukon, Whitehorse, dans le nord-ouest du Canada, reconnaît la nécessité d’agir pour limiter les effets des changements climatiques, mais elle ne compte pas pour l’instant déclarer l’état d’urgence climatique.

« La notion d’urgence évoque pour moi un événement qui a lieu de manière soudaine, rapide et inattendue, et qui est immédiatement destructif, comme un feu de forêt par exemple », affirme la conseillère municipale de Whitehorse, Jocelyn Curteanu, en entrevue téléphonique depuis la capitale territoriale. À titre comparatif, elle ajoute que le manque de logements et l’itinérance devraient être considérés avec « davantage d’urgence ».

Jocelyn Curteanu fait partie des membres du conseil municipal qui se sont opposés lundi à une motion visant à déclarer l’état d’urgence climatique dans la capitale territoriale. Un vote devait avoir lieu sur la question, mais il a été reporté au mois de septembre afin de donner plus de temps aux conseillers de la ville, principalement pour mesurer les coûts qu’impliquerait la mise en place d’une telle mesure.

Le conseiller municipal Steve Roddick, qui est à l’origine de cette motion déposée le 10 juin, n’abonde pas dans le même sens. « Nous sommes confrontés à une situation où nous sommes parmi les derniers responsables [des émissions de gaz à effet de serre], mais où nous sommes les premiers à ressentir les effets des changements climatiques », affirme-t-il.

En plus de déclarer officiellement l’état d’urgence climatique, la motion visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à augmenter l’efficacité énergétique et à créer un budget carbone qui aurait été intégré au cycle budgétaire annuel de la municipalité.

Le rôle d’Ottawa

« Dans une situation d’urgence, nous déployons toutes nos ressources de manière immédiate et nous nous interrogeons plus tard sur les coûts », mentionne Jocelyn Curteanu, qui a proposé un amendement dans lequel elle demande entre autres une plus grande action du gouvernement canadien.

« Je ne dis pas que toutes les responsabilités en matière de lutte contre les changements climatiques reviennent au gouvernement fédéral, mais je veux m’assurer qu’on l’inclut davantage pour nous aider à trouver des solutions », explique Jocelyn Curteanu.

« Nous devons être stratégiques et nous assurer que nous ne drainons pas toutes les ressources de la municipalité vers ce sujet spécifique. »
Jocelyn Curteanu, conseillère municipale de Whitehorse

Au mois d’avril, un rapport d’Environnement Canada révélait que le Nord canadien se réchauffait à un rythme trois fois plus élevé que le reste de la planète. La température moyenne y a augmenté de 2,3 °C entre 1948 et 2016, contre 1,7 °C dans l’ensemble du Canada.

En déposant sa motion, le conseiller municipal Steve Roddick espérait emboîter le pas à la Première Nation des Gwitchin Vuntut d’Old Crow, dans le nord du territoire, qui a adopté le 19 mai une déclaration d’urgence climatique liée aux nombreux bouleversements observés dans la région.

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