La nouvelle loi sur les langues autochtones au Canada ne protège pas l’inuktitut, selon des Inuit

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La présidente de la Nunavut Tunngavik, Aluki Kotierk. (Marc Godbout/Radio-Canada)
Des militants inuit ne croient pas que la nouvelle loi sur les langues autochtones peut protéger efficacement l’inuktitut. Ils pressent le gouvernement fédéral de s’engager formellement à leur offrir des services publics dans leur langue, malgré l’adoption d’amendements en ce sens.

Cette loi, qui a reçu la sanction royale lors de la Journée nationale des peuples autochtones, a pour but de « revendiquer, revitaliser, renforcer et conserver les langues autochtones au Canada », selon une publication du gouvernement.

Ottawa assure qu’il avait collaboré avec les organisations autochtones pour développer cette loi en réponse à des recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation.

Cependant, selon Nunavut Tunngavik, une organisation qui vise à protéger les droits des inuit, la loi ne tient pas compte de leurs revendications par rapport à l’accès aux services gouvernementaux dans le Grand Nord.

Même si la majorité de la population du Nunavut parle l’inuktitut, les services fédéraux leur sont uniquement offerts en anglais ou en français, il s’agit d’une forme de discrimination pour Nunavut Tunngavik.

La présidente de l’organisation, Aluki Kotierk, croit que la loi a surtout une portée symbolique et qu’elle ne présente aucune mesure concrète pour bien protéger l’inuktitut.

« Les sénateurs étaient d’accord avec nous et comprenaient l’importance d’avoir des services publics en inuktitut, nous avons proposé des amendements à loi qui se sont rendus aux Communes », soutient Mme Kotierk.

Ces amendements soutenus par le Sénat ont été rejetés, selon Mme Kotierk.

Toutefois, Patrimoine canadien affirme que les deux amendements, visant à assurer un accès aux services en langues autochtones, ont été intégrés à la loi qui a été sanctionnée le 21 juin.

De passage à Iqaluit, la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, assure que le gouvernement reconnait la situation du Nunavut.

« La Commission de vérité et de réconciliation l’a dit, il y a une responsabilité du gouvernement fédéral de stopper l’assimilation […]. La loi sur les langues autochtones nous permet de recréer un lien entre les Autochtones et leurs langues. »

La loi sur les langues autochtones sera davantage améliorée au fil du temps, selon la ministre Joly. « Cette loi n’est pas une fin », ajoute-t-elle.

À la recherche d’aide à l’international

Cette situation a retenu l’attention d’un groupe de près de quarante universitaires qui souhaite maintenant qu’Ottawa mette à jour la Loi sur les langues officielles afin que l’inuktitut puisse avoir un statut égalitaire au français et à l’anglais sur le territoire du Nunavut.

Dans une lettre ouverte envoyée à des commissaires aux langues de partout dans le monde, le groupe soutient que le Canada devrait protéger l’inuktitut au Nunavut de la même manière qu’il protège le français.

Lori Idlout, une étudiante en droit d’Iqaluit, a signé la lettre ouverte. « Il est temps qu’on ait l’aide des leaders à l’international, dit-elle. Ils peuvent mettre de la pression sur notre gouvernement. »

« Ça pourrait nous aider à faire de la sensibilisation aux injustices que nous avons vécues dans le Nord pour protéger l’inuktitut », ajoute-elle.

Avec les informations de Mario De Ciccio et de CBC News.

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