Un nouvel outil satellite rendra les vols plus sécuritaires dans l’Arctique canadien

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Un avion prend son envol, à quelques mètres au-dessus d’Iqaluit, au Nunavut, dans l’est de l’Arctique canadien. Dans le nord du pays, les conditions météorologiques ardues peuvent rendre les manœuvres aériennes complexes. (Paul Chiasson/La Presse canadienne)
Beau temps, mauvais temps, une soixantaine d’aéroports du Nord canadien pourront compter sur un nouvel outil satellite qui améliorera la sécurité des aéronefs lors de leur atterrissage.

Dès 2021, les aéronefs mettront en pratique une procédure de guidance verticale lors de leur atterrissage. « La guidance verticale permet [aux pilotes] de descendre à une plus basse altitude sans voir la piste d’atterrissage lorsque les conditions de visibilité sont faibles », explique le gestionnaire principal des affaires publiques de NAV Canada, Jonathan Bagg.

L’exploitant national de services de navigation aérienne civile a récemment reçu le feu vert d’Ottawa pour implanter le nouvel outil satellite dans les trois territoires nordiques d’ici 2025.

La procédure de guidance verticale s’appuie sur le Système mondial de navigation par satellite (GNSS) qui fournit, par le biais de satellites, différents renseignements sur le positionnement, la navigation et la synchronisation des vols. « C’est très utile lorsque la visibilité est restreinte ou qu’il y a d’importantes précipitations de neige », indique Jonathan Bagg.

Ce type de manœuvres permet aux petits appareils, comme les hélicoptères, d’effectuer des montées et des descentes verticales et d’utiliser des pistes très courtes ou relativement restreintes.

Durant l’hiver, les conditions météorologiques extrêmes complexifient les manœuvres aériennes. Cette image montre un blizzard à Iqaluit, au mois de mars. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

L’objectif est d’améliorer la précision des instruments utilisés lors des atterrissages, ce qui augmentera la sécurité en vol.

« À l’heure actuelle, les pilotes utilisent un procédé de guidance latérale qui leur permet d’aligner leur aéronef à la piste d’atterrissage, mais il n’indique pas le taux de descente de l’appareil », mentionne-t-il.

Conditions météorologiques complexes

D’Old Crow à Pangnirtung, en passant par Fort Resolution, 61 aérodromes sont visés par ce système de navigation aérienne, dans 26 sont au Nunavut, 26 dans les Territoires du Nord-Ouest et 9 au Yukon.

Dans un échange de courriels, NAV Canada a indiqué que des experts entameraient d’ici vendredi l’élaboration du plan de projet, qui consistera à mener des études d’arpentage et de détection des obstacles en se basant sur les données détenues par chaque aéroport. « Cela comprend les coordonnées géographiques des pistes d’atterrissage et celles des obstacles qui sont à proximité », précise Jonathan Bagg.

« Il se peut que la présence de certains obstacles, comme des arbres ou des bâtiments, ait un impact sur la faisabilité de l’implantation [de l’outil satellite]. »

Jonathan Bagg, gestionnaire principal des affaires publiques de NAV Canada

Plusieurs communautés de l’Arctique canadien ne sont accessibles que par avion, mais les conditions météorologiques ardues peuvent rendre les manœuvres aériennes complexes. Durant l’hiver, il n’est pas rare de voir des avions rester cloués au sol pendant plusieurs jours lors de blizzards.

« [La nouvelle procédure] est essentielle pour les communautés isolées dont les livraisons et les déplacements dépendent du transport aérien », affirme-t-il.

C’est par avion que sont acheminées les denrées dans les collectivités du Nunavut pendant la majeure partie de l’année. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

À terme, Transports Canada s’attend à ce que l’implantation de l’outil satellite crée une centaine d’emplois et que les coûts d’exploitation actuels diminuent considérablement.

Le projet a bénéficié d’un investissement de 7,4 millions de dollars le 27 août dans le cadre du plan Investir dans le Canada, un programme à travers lequel le gouvernement fédéral a investi plus de 180 milliards de dollars sur 12 ans pour soutenir des projets liés, entre autres, au transport en commun, aux infrastructures vertes et aux collectivités rurales et nordiques au pays.

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