Élections canadiennes : l’environnement au centre du dernier débat, mais l’Arctique mis de côté

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Six chefs ont pris part au dernier débat officiel de la campagne électorale canadienne : Jagmeet Singh (Nouveau Parti démocratique du Canada), Elizabeth May (Parti vert du Canada), Maxime Bernier (Parti populaire du Canada), Justin Trudeau (Parti libéral du Canada), Andrew Scheer (Parti conservateur du Canada) et Yves-François Blanchet (Bloc québécois). (Chris Wattie/La Presse canadienne)
Les chefs des six principaux partis politiques canadiens ont débattu d’enjeux liés à l’environnement et aux services aux Autochtones, lors du deuxième débat officiel, mais aucun n’a évoqué de priorités spécifiques à l’Arctique canadien.

Jeudi, six chefs étaient réunis au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, au Québec, lors du dernier débat de la campagne électorale fédérale de 2019.

Le face-à-face électoral a réuni Justin Trudeau (Parti libéral du Canada), Andrew Scheer (Parti conservateur du Canada), Jagmeet Singh (Nouveau Parti démocratique du Canada), Yves-François Blanchet (Bloc québécois), Elizabeth May (Parti vert du Canada) et Maxime Bernier (Parti populaire du Canada).

L’environnement au premier plan

La thématique de l’environnement et de l’énergie a guidé les premières minutes du face-à-face électoral, lors desquelles les chefs ont principalement débattu de la dépendance aux énergies fossiles, de l’instauration de la taxe sur le carbone et de la construction de pipelines.

« On veut annuler toutes les subventions pétrolières […] et réinvestir l’argent dans l’énergie renouvelable, a d’emblée assuré Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, un parti de centre gauche. On peut agir, c’est une question d’avoir le courage et on a le courage. »

Le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, entre les provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, était ciblé de toutes parts par les critiques, alors que le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, tentait de faire valoir ses objectifs climatiques. Le parti centriste vise une réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada de 30 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005, un objectif qui avait initialement été fixé en 2015 par les conservateurs de Stephen Harper.

« La cible de monsieur Trudeau est la même que [celle] de monsieur Harper; c’est insuffisant », a martelé la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, qui s’est montrée intransigeante à l’égard de ses adversaires.

« Notre maison est en feu, comment osez-vous? », a-t-elle ajouté, en reprenant les propos de l’activiste suédoise Greta Thunberg, lors de son allocution au Forum économique mondial de Davos, au mois de janvier.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, lors du débat électoral en français qui avait lieu jeudi au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, au Québec. (Chris Wattie/La Presse canadienne)

« Ce n’est pas suffisant de parler seulement de prix sur le carbone », a tranché la chef du parti de centre gauche. Le Parti vert du Canada s’est engagé réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre du Canada d’ici à 2030 et abandonner complètement les énergies fossiles d’ici à 2050.

À l’heure actuelle, la taxe fédérale sur le carbone est fixée à 20 $ par tonne, mais elle doit passer à 50 $ d’ici à 2022. Cet objectif ne fait toutefois pas l’unanimité dans les territoires du nord du pays, qui dépendent toujours de combustibles fossiles pour alimenter leurs collectivités en chauffage et en électricité.

Même si 25 minutes de ce débat en français ont été consacrées à des enjeux climatiques, les six chefs ne se sont pas spécifiquement prononcés sur la manière dont ils comptaient faire face aux changements climatiques dans l’Arctique canadien, qui se réchauffe à un rythme trois fois plus rapide que le reste du globe.

Bref survol des questions autochtones

Les enjeux autochtones ont largement dominé le segment portant sur les services aux citoyens, malgré l’absence d’un thème destiné spécifiquement aux Autochtones.

Réunis dans un face-à-face à trois, Jagmeet Singh, Andrew Scheer et Yves-François Blanchet ont été questionnés sur la manière dont ils comptaient améliorer les conditions de vie des Autochtones.

« C’est un peu choquant : on trouve des milliards de dollars pour acheter des oléoducs, mais on ne trouve pas l’argent, après des années […] pour donner de l’eau potable à des communautés autochtones, a lancé Yves-François Blanchet, le chef du Bloc québécois, un des partis de centre gauche. Indépendamment de la politique, c’est fondamental. »

Un peu partout au pays, plusieurs communautés autochtones sont encore régulièrement touchées par des avis temporaires d’ébullition de l’eau.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, lors du débat électoral en français qui avait lieu jeudi au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, au Québec. (Adrian Wyld/La Presse canadienne)

Au Québec, la relation entre les Autochtones et les services publics a récemment fait l’objet d’une enquête publique, la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, dont le rapport final, rendu public le 30 septembre, a conclu que les Autochtones du Québec étaient victimes de racisme systémique. Les 142 « appels à l’action », qui faisaient office de recommandations, touchaient à la fois des enjeux provinciaux et fédéraux, comme les services de justice, la protection de la jeunesse et les services sociaux. Les recommandations de la commission d’enquête n’ont toutefois pas été soulevées par les chefs durant leurs discussions.

Les chefs fédéraux en ont par ailleurs profité pour dénoncer la décision du gouvernement libéral sortant de contester le jugement du Tribunal des droits de la personne, qui exigeait l’indemnisation d’enfants des Premières Nations retirés de leur famille.

Le chef libéral s’est défendu en assurant que son gouvernement indemniserait les enfants touchés par la décision, sans toutefois préciser comment il y parviendrait. « On est d’accord avec [la décision du] Tribunal de compenser ces enfants », a-t-il mentionné, en ajoutant que la décision de porter en appel le jugement s’expliquait par un échéancier trop serré, dans un contexte électoral.

Le chef libéral Justin Trudeau a fait l’objet de plusieurs critiques de ses adversaires concernant la décision de son gouvernement de porter en appel le jugement du Tribunal des droits de la personne, qui exigeait l’indemnisation d’enfants des Premières Nations retirés de leur famille. (Chris Wattie/La Presse canadienne)
Deuxième débat officiel

Organisé par le Partenariat canadien pour la production des débats, le rendez-vous électoral s’est focalisé sur cinq sujets, à savoir l’environnement et l’énergie, l’économie et les finances publiques, les services aux citoyens, la politique étrangère et l’immigration, l’identité et, finalement, l’éthique et la gouvernance.

Lundi, les six chefs étaient réunis lors d’un premier débat officiel en anglais.

Les électeurs se rendront aux urnes le 21 octobre pour élire le 23e premier ministre canadien.

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